Hymne, de Lydie Salvayre

HymneUne fois n’est pas coutume, le roman de Lydie Salvayre, Hymne, véritable ode à Saint-Jimi, ne nous a pas du tout émus. Pardon Lydie, mais malgré tout le respect (voire l’amour fou) que l’on porte au père de la guitare électrique, nous avons eu bien du mal à comprendre votre emportement littéraire.

Tout commence le 18 août 1969, sur la scène du festival mythique de Woodstock. Un certain Jimi Hendrix, inspiré, époustouffle le public avec un « Star Spangled Banner » d’anthologie. Dans ce roman, inspiré de faits réel, on ressent toute l’intensité et la force du message que Jimi Hendrix a voulu transmettre aux foules, ce fameux jour du 19 août 1969. On comprend le symbole que ce métisse de sang noir, blanc et cherokee représente, portant haut les couleurs d’une nation bigarrée, porte-parole d’une génération pacifiste, révoltée, opposée à la Guerre du Vietnam. Cet être brutalisé par une société de consommation, désireuse de presser ses musiciens pour en récoler les juteux bénéfices. Un artiste hors du commun, qui paie de sa propre vie les débordement du star système des sixties…
Une fan avertie, émue, décide d’immortaliser le moment historique. Immortaliser, le mot est encore faible. Il s’agit là d’une sanctification, quasi religieuse, excessive, voire outrancière. Voilà très exactement à quoi se résume le roman Hymne de Lydie Salvayre.
Si sa prose, courte et efficace, séduit à première vue, on se lasse très vite des éloges redondants et de son fanatisme exacerbé. Le morceau de Hendrix a certes marqué l’histoire de la musique, comme peu d’autre, il n’en est toutefois pas un sujet de dissertation.
A en écouter son auteur, le Dieu Jimi est apparu sur terre pour expliquer à ses fidèles comment faire correctement sonner une 6 cordes. Bien sûr, on aime Jimi Hendrix. On reconnaît son talent, son charisme, sa prestance. Seulement, sa vie n’est-elle pas suffisamment palpitante pour s’y attarder ? Ou son œuvre ? Rien que ça..
Lydie Salvayre a la fâcheuse tendance, voulant bien faire, j’en suis convaincue, à répéter les adjectifs timide, introverti, acro à la drogue, de façon insistante. Oui Jimi n’était pas un ange. On sait qu’il se droguait et qu’il était réservé. Est-il nécessaire de le mentionner dans chaque paragraphe ?
« L’oraison », la « prière d’un peuple », tous ces superlatifs apparaissent de façon inadaptés et disproportionnés sur l’étendue du roman. Même pour un morceau de Hendrix. Le mélomane éclairé, qui cherche un bon bouquin sur Jimi pour faire passer son long voyage en TGV, regrettera presque le Guillaume Musso du Relay de la gare. C’est pour dire…
Grosse déception littéraire. Ceci dit, vous en apprendrez long sur l’histoire des noirs américains en 1960. A bon entendeur…

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