Rock & Religion, Dieu(x) et la musique du diable, par Fabien Hein

relig3d_ssPeut-être connaissez-vous déjà cet ouvrage paru en 2006, à mon sens incontournable lorsque l’on s’intéresse un tant soit peu au phénomène rock… Si ce n’est pas le cas, prenez le temps de parcourir ces quelques feuillets, dans lesquels vous trouverez certainement des éclaircissements sur des pratiques qui vous sont familières. L’auteur, Fabien Hein, est docteur en sociologie, athée, et passionné de rock. Il est également l’auteur de Hard Rock, Heavy Metal, Metal – Histoire, Cultures et Pratiquants (2003) et Le Monde du Rock, Ethnographie du réel (2006). Il écrit aussi dans Noise Magazine.

Comment ignorer le parallèle entre musique et religion dans le monde endiablé du metal ? Nombreuses sont les références à Dieu ou à Satan. L’adoration que les fans vouent aux saints rockeurs est, elle aussi, un élément inhérent au culte du riff et de ses messies. Seulement, pourquoi s’attacher à de telles représentations ? D’où vient ce besoin de sanctifier la musique? Il y a t-il une explication rationnelle à un engouement rituel et glorifiant ? Fabien Hein trouve dans ce phénomène des liens évidents entre rock et religion. Il décortique de façon très ordonnée, universitaire même, des faits, des personnes, des cultes, des mécanismes de masse. Son analyse, parfaitement construite et illustrée, apporte des bribes de réponses (chacun restant, bien sûr, libre de se faire sa propre opinion).

L’auteur utilise des exemples parlant, de Bono à Ozzy Osbourne, et montre comment les stars du rock se servent, plus ou moins consciemment de la religion. Le public joue également un rôle tout particulier, puisqu’il s’implique et se dévoue, tel un fidèle, à son église musicale. Que ce soit à la gloire de satan, comme c’est souvent le cas dans le black metal, ou dans une quête du Paradis et du Bien, le rock aime se sacraliser, tant du côté des artistes que des fans.

Rock et religion s’accordent sur plusieurs points. Selon Fabien Hein, chacun possède la notion de foi, et par conséquent, de culte. Il ajoute que « tous deux se conjuguent au pluriel, renvoient au sacré, procurent des émotions. L’idée que l’on puisse adorer Jésus ou Elvis – parfois les deux à la fois – a quelque chose de troublant. D’autant que si on pose la question du pourquoi on adore, on obtient habituellement de vagues réponses qui confinent au mystérieux, à l’indicible et à l’insaisissable » (lire l’article).

En bref, c’est court, bien écrit, facile à lire. A mettre entre les mains de tout bon disciple du rock qui se respecte !

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