HELLFEST 2014 Premier jour en enfer…

Pour ce neuvième Hellfest, Ben Barbaud et sa bande ont mis le paquet, non seulement pour le décor mais aussi pour le line up : c’est en traversant une reconstitution du quartier londonien de Camden Town que l’on accède aux concerts. On y déguste des bières bien fraîches servies dans des choppes recyclables, et si la vue ne nous sied pas on peut toujours s’élever en montant dans une grande roue. Sans parler du carré presse, décor idéal pour photographier le musicien stoner dans son élément : le désert.

Est-il utile de préciser que mon fief aura, une fois de plus, été la Valley, incorruptible temple du son du désert… Ceci-dit, durant cette première journée je me suis balladée à l’Altar pour voir Week-end Nachos, à la Mainstage pour Sepultura et Iron Maiden, et puis furtivement à la Warzone pour Kvelertak. Sinon voici le programme des hostilités psychédéliques pour le reste du report : Mars Red Sky, Conan, Caspian, Kadavar et Electric Wizard. Let’s rock !

Hellfest 2014 Mainstages

Hellfest 2014 Mainstages

Mars Red Sky

Hellfest 2014 Mars Red Sky -  Jimmy Kinast

Hellfest 2014 Mars Red Sky – Jimmy Kinast

Installée depuis la veille (le Green Camp ça se mérite), je check le programme. Mars Red Sky à 10h30… Ma journée commence donc très tôt. Très ponctuelle, je me pointe en avance pour pouvoir shooter tranquillement, seulement voilà, premier inconvénient du week-end, la Valley est déjà bien remplie ! Je me dis que c’est tant mieux, et que les Mars Red Sky méritent cette reconnaissance.

Le groupe nous fait l’honneur d’interpréter (entre autre) des titres de leur nouvel album, Stranded In Arcadia. En 30 minutes, les cheveux sales entassés sous la tente se sont vus transportés sur une autre planète. Les bordelais posent un gros son bien lourd en trame de fond, puis le colorent avec les notes aériennes et légères de la guitare/chant de Julien Pras. Un projecteur termine la composition scénique psychédélique. On se laisse sereinement bercer par les compos mélodiques et écorchées du trio…

Hellfest 2014 Mars Red Sky - Julien Pras

Hellfest 2014 Mars Red Sky – Julien Pras

Week-end Nachos

Après un tel concert, la transition avec Week-end Nachos se fait plutôt mal. Je m’approche de l’antre noire (l’Altar) sur les conseils de personnes avisées, sans aucune connaissance préalable de la chose. Le punk hardcore ultra violent me lamine les oreilles jusqu’à en fendre mes bouchons. Le frontman saute comme un gamin sur un trampoline (avec les genoux bien hauts), ses supporters font de même… Encore sur Mars, rien y fait, je me sens agressée. La mafia de Chicago est là pour me punir de mes péchés, et ces gars là ils n’aiment ni la dentelle ni la poésie. Bref, question de timing sans doute, je ne suis pas du tout en phase. C’est un groupe à savourer à l’apéro ou en fin de soirée, avec une canette de koenigsbier chaude à la main. A 11h du matin, ça effraie…

Conan

Hellfest 2014 Conan

Hellfest 2014 Conan

Aussi bizarre que cela puisse paraître, le set de Conan me réconcilie avec la brutalité. Rien de tel que quelques morceaux de doom pour recouvrer joie et vitalité ! Il y a quelques mois, Napalm Record présentait Blood Eagle, leur dernier album. J’ai beaucoup aimé et attendais des britanniques qu’ils nous jouent des extraits de la délicieuse galette. J’ai été servie ! Trois titres sur quatre font partie de la setlist : Crown of Talons, Foehammer et Altar of Grief. Hawk as Weapon appartenant à l’abum Monnos.

Honnêtement, ce fut un régal. Casquettés et encapuchés comme à leur habitude, Jon Davis (guitare) et Phil Coumbe (basse) haranguent la foule de leur son si personnel, à la fois dense et puissant. Bien que cachés derrière un sommaire accoutrement, leur charisme se dégage inévitablement et met le public dans un état de transe jubilatoire.

Caspian

Toujours sous la Valley, je découvre avec plaisir Caspian en live. Une douce post-rock noire retentit dans la poussière clissonaise. Il est très curieux d’entendre un son si pop au sein du festival du diable, mais les compos sont vraiment prenantes, perchées et d’une indéniable qualité. Même si le style peut faire tiquer le metalhead de base, le show de Caspian achève cette première matinée par une touche cosmique bien placée.

Trève de plaisanterie, il est temps de filer dans le magnifique espace presse décoré façon route 66 dans les années 50, pour retrouver Julien Pras, Jimmy Kinast et Matgaz de Mars Red Sky, pour discuter de questions d’immigration [lire l’interview].

Kadavar

Après la pause press corner, me revoilà dans l’arène. Kadavar enflamme la Valley. Impossible de rater ça ! Sur album ça déchire déjà, que dire du live ? Nous avons là trois allemands qui savent tirer profit de la longue tradition heavy héritée des sixties, avec une même fougue, tant musicale que vestimentaire. A mi chemin entre Black Sabbath et Led Zeppelin, le trio entraîne ses fidèles sur des terres lourdes et groovies. Un joli paysage sonore parfaitement taillé pour le live, que le public de la Valley a su apprécier à sa juste valeur. Au menu : Liquid Dream, Living in Your Head, Doomsday Machine, Black Sun, Eye of the Storm, All Our Thoughts, Come Back Life, Goddess of Dawn et Creature of the Demon.

Hellfest 2014 Kadavar

Hellfest 2014 Kadavar

Sepultura

DSC_0075Comme je le mentionnais précédemment, cette édition 2014 est particulièrement peuplée. Pour ne pas rater Iron Maiden, je m’approche assez rapidement de la Mainstage ; ce qui me laisse le temps de profiter du set de Sepultura… Le groupe a beaucoup évolué depuis son dernier passage au Hellfest, il y a quatre ans. Nouveau batteur, Eloy Casagrande, deux nouveaux albums, beaucoup d’énergie à revendre. Point de Cavalera sur scène, mais un Andreas Kisser à la guitare et un Derrick Green au chant qui assurent un show sans faille. Très expressif, le front man ne manque pas une occasion pour gesticuler, empêchant toute communication avec son public, mais créant une grosse puissance scénique. Les thrasheux brésiliens, adeptes des percussions barbares, ont interprété autant de titres écris durant la période « Cavalera » que de nouvelles compos, en prenant bien soin de ne pas les alterner… Les amateurs du genre en ont eu pour leur argent : The Vatican, Kairos, Propaganda, Impending Doom, Manipulation of Tragedy, Convicted in Life, Dusted, Refuse/Resist, Arise, Ratamahatta, Polícia, Roots Bloody Roots.

Iron Maiden

Après d’interminables minutes d’attentes, Doctor Doctor de UFO résonne dans la prairie… Le fan club d’Iron Maiden, déjà empilé en masse devant la Mainstage 1, commence à se déchaîner. Un petit dernier enregistrement et voilà Bruce Dickinson qui arrive ! On ne va pas se le cacher, j’attendais 2 Minutes to Midnight, The Prisoner, The Number of the Beast, etc. Voyez le genre… Les papys ont assurés comme des très grands. Sans tomber dans le big show à l’américaine où, clairement, au bout d’un moment on a en marre de voir des flammes partout et des nanas inutiles pendant les solos, Iron Maiden a donné dans un décor simple, à base d’immenses draps. On y retrouve l’imagerie des premiers albums sur fond de tubes heavy impérissables. Mention spéciale au morceau Acces High, en rappel après un enregistrement d’un discours de Churchill, qui a terminé de pousser l’hystérie collective dans ses retranchements.
[Setlist d’Iron Maiden : Moonchild, Can I Play with Madness, The Prisoner, 2 Minutes to Midnight, Revelations, The Trooper, The Number of the Beast, Phantom of the Opera, Run to the Hills, Wasted Years, Seventh Son of a Seventh Son, Fear of the Dark, Iron Maiden. Rappel : Acces High, The Evil That Men Do, Sanctuary]

Hellfest 2014 Iron Maiden

Hellfest 2014 Iron Maiden

Electric Wizard

Revenons un peu sous la Valley… Non loin d’un monsieur déguisé en arbre (c’est la crise), je sautille bêtement pour essayer de voler quelques photos : Hellfest surpeuplé, nouvel épisode. Les sorciers d’Electric Wizard se mettent à vociférer leurs incantations malsaines tandis que mon ami l’arbre oscille lentement de la feuille. La tente sent bon la potion magique et les effluves psychédéliques qui émanent des nombreux calumets présents dans le pit. Le sort est jeté, toute la Valley tremble sous l’effet de l’obscure fuzz. Le quatuor propose un bon petit set de 8 morceaux aussi sales et mystérieux que méchants : Supercoven, Satanic Rites of Drugula, Dopethrone, Black Mass, Witchcult Today, Return Trip, The Chosen Few, Funeralopolis.

Kvelertak

Tentant de persuader mon entourage qu’un set avec un hibou c’est quand même vachement cool, je me traîne jusqu’à la Warzone où Kvelertak est déjà en piste. Je ne vois que quelques morceaux (les aléas du festival) mais retrouve cette même impressionnante énergie qui caractérise les lives de Kvelertak. Un charismatique frontman qui slame presque debout sur un public furibond, une armée de guitaristes, alertes comme des chasseurs, et cette frappe de batterie qui retentit longtemps après le concert dans mes petites oreilles de fanatique de gros son scandinave. Comme à leur habitude, le show commence par Åpenbaring, que Erlend Hjelvik introduit en se présentant coiffé d’un hibou. Le reste est là : Spring fra livet, Sultans of Satan, Bruane Brenn, Ulvetid, Offernatt, Intermission, Undertro, Nekrokosmos, Månelyst, Ordsmedar av rang, Fossegrim, Evig Vandrar, Blodtørst, Trepan, Kvelertak.

Cette première journée s’achève quelques heures plus tard, après avoir rempli plusieurs fois ma belle pinte en plastique. Vu le niveau de ce premier volet de l’édition 2014, la suite à donner risque d’être riche en émotion…

 

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2 réflexions sur “HELLFEST 2014 Premier jour en enfer…

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