HELLFEST 2014 Report du jour 2

Nous y revoici, dans l’arène infernale du gros son. Le jour se lève une nouvelle fois sur le village Hellfest et je gravis péniblement les quelques marches de l’inutile et encombrant escalier qui me sépare des scènes. Mon objectif, en cette belle matinée ensoleillée, est de me frayer un passage jusqu’à la Mainstage pour apercevoir le tribute féminin à Led Zeppelin, Lez Zeppelin donc, que je dois interviewer à l’issue du show. Après cela, ma journée s’annonce émotionnellement bien remplie par les sets de Acid King, Status Quo, Clutch et Monster Magnet.

Press Corner

Press Corner

Lez Zeppelin

Deux trois notes thrashcores/mélodiques (eh ben si ça existe) arrivent à mes oreilles depuis la Mainstage 2, que j’entends alors que je siège bêtement devant les roadies de Lez Zeppelin. Of Mice And Men, envoie la sauce. Je n’entends que la fin mais ça me sort de ma torpeur matinale avec succès. Voilà les filles qui débarquent. Alors certes, encore un tribute, blablabla. D’abord, ce tribute en question en entièrement féminin. En soit c’est assez cool de voir des nanas sur une scène metal, surtout lorsque celles-ci tiennent des notes à la manière de Robert Plant et frappent aussi fort (ou presque) que John Bonham sur les cylindres. Ensuite, toute remarque féministe dehors, force est de constater que ces dames possèdent une remarquable technique, chacune dans leur domaine. Le chant m’a de prime abords le plus surpris. Dana Athens, vocaliste des blues rockers de Jane Lee Hooker, remplace Shannon Coley pour quelques mois. La rouquine affiche un jeu de scène digne de monsieur Plant. T-shirt et cheveux dans le vent, elle grave des morceaux mythiques de sa voix puissante et énergique. Les quatre filles enchaînent les démonstrations instrumentales. Un vrai exercice de style qui atteint son somment lorsque la guitariste Steph Paynes offre à son public un solo à l’archet. La prairie a vécu un véritable moment d’émotion (lire l’interview).

[Setlist : Immigrant Song, The Ocean, Dazed And Confused, Rock’N’Roll, Black Dog]

Lez Zeppelin

Acid King

De retour sous la Valley, je me faufile parmi les fidèles du roi Acide, inquiets de ne pas voir Lori sur scène. Pas de panique, la frontwoman d’Acid King finit par débouler en embrayant directement sur Busse Woods. Comme à leur habitude, le combo créé cette ambiance si particulière, propre au doom. Le son est épais, maîtrisé, cisaillé par les riffs massacreurs et les plaintes rauques de sa guitariste-chanteuse. L’espace sonore se rempli tellement bien, on se sent comme chez soi, ou mieux, comme dans un cocon. Un cocon noir, bien entendu… Je ne suis pas spécialement adepte de la voix mais il faut reconnaître qu’elle sied à merveille à l’atmosphère écorchée et sombre qui règne sous la Valley.

[Setlist : Busse Woods, 2 Wheels Nation, Electric Machine, Sunshine And Sorrow, On To Everafter]

Status Quo

Status QuoQui a osé dire que les Status Quo étaient périmés ? Andy Bown et ses potes sont plus en forme que jamais ! Le set commence par Caroline, morceau phare. Ça hurle dans tous les sens, ça guinche, ça s’amuse. Jeunes et moins jeunes savourent des tubes d’un autre temps avec le même plaisir. Autour de moi j’entends « quoi, tu connais ça toi ? Mais t’étais pas née quand c’était à la mode ! » Eh non mon cher monsieur, mais vous savez, certaines choses sont intemporelles et impérissables. Il n’y a pas d’age pour apprécier des légendes sur scènes et évacuer ses quelques pintes de trop en s’égosillant devant un bon vieux live ! Andy Bown, toujours très classe, passe de la guitare à l’harmonica ou au clavier avec une telle aisance. On revit un pan de l’histoire du rock’n’roll avec bonheur. Ceci dit, je m’évapore après In The Army Now, pour guetter l’arrivée de Clutch sous la Valley…

[Setlist : Caroline, Paper Plane, Hold You Back, Rain, Rockn’ Roll’n You, Beginning Of The End, What You’re Proposing, Big Fat Mama, The Oriental, Creepin’ Up On You, In The Army Now, Roll Over Lay Down, Down Down, Whatever You Want, Rockin’ All Over The World]

Clutch

ClutchJe quitte donc précipitamment Status Quo pour venir enfler la Valley qui déborde déjà de partout. Quelques minutes avant l’arrivée de Clutch, l’impatience est palpable. Pas question d’aller pisser ni même de recommander une bière. Non. Clutch is coming. J’aperçois Nick Oliveri et Joey Castillo, qui jouaient au Hellfest avec Bl’ast!, ainsi que Phil Caivano de Monster Magnet, s’agglutiner sur le côté de la scène. La famille du rock qui se soutient, c’est beau ! Au bord de la crise de nerfs, le public de la Valley et moi-même exultons lorsque Neil Fallon, à peine installé, balance The Mob Goes Wild. Ce n’est que le début d’une setlist éprouvante pour la fanatique que je suis. Sans transition, les ricains entament Earth Rocker. Pas de pitié pour le pit, ce soir on goûte au meilleur de Clutch qui enchaîne les tubes sans relâche. La Valley boue ! Au delà de la qualité sonore indéniable, et ce malgré des conditions « Open Air », ce live reste un moment de joie inébranlable. Les musiciens semblent ignorer les difficultés techniques pour partager sciemment le plaisir qu’ils prennent sur scène, face un public qui le leur rend au centuple. C’est pour moi un des meilleur concerts du week-end.

[Setlist : The Mob Goes Wild, Earth Rocker, Gravel Velocity, The Regulator, Mice And Gods, Sidewinder, DC Sound Attack !, Electric Worry, One Eye Dollar, The Wolf Man Kindly Request]

Monster Magnet

Je décide de ne pas quitter la tente sacrée, de peur de perdre mon spot de choix au premier rang. C’est un Monster Magnet très en forme qui s’avance sur scène. Dave Wyndorf est souriant et communicatif. Superjudge lance le set, ravissant les amateurs de longue date. La bande, accompagnée depuis le début de la tournée par Chris Kosnik, le bassiste d’Atomic Bitchwax, se la joue à la Clutch en proposant un « superset » avec que des vieux tubes de Monster Magnet. Ils prennent soin d’éviter les morceaux issus du dernier album Last Patrol, joué dans son intégralité lors de la tournée. Un choix dangereux mais assumé. Cerises sur le gâteau, Powertrip et Space Lord font perdre tout contrôle aux stonerheads. Le quintet prend un de ces pieds sur scène ! Dans la fosse, c’est la même éclate. Ça chante, ça danse, ça hoche violemment la tête, ça enlève son t-shirt… Bref, le Space Rock du soir rend totalement fou. Le monstre quitte la scène le sourire aux lèvres tandis que la Valley reprend son souffle. Toutes les bonnes choses ont une fin.

[Setlist : Superjudge, Medicine, Nod Scene, Dopes To Infinity, Tractor, Twin Earth, Look To Your Orb For The Warning, Powertrip, Space Lord]

dave wyndorf
Après une belle série de concerts éreintant émotionnellement, d’interviews et d’autres délires à base de bière et de températures défiant toute concurrence, j’écoute Aerosmith de mon Green Camp adoré. Ce que j’en entends me fait déculpabiliser de ne pas y être, notamment à cause du Dream On ultra lisse et sans âme qui résonne dans la prairie. Quant à notre Phil Anselmo international, j’ai eu ma dose l’an passé (4 prestations au Hellfest). Je m’endors donc paisiblement, bercée par les « tu m’attrapes une binch ? », « Ah faut demander à la denrée », ou encore « respectons ceux qui dorment » (à volume déraisonnable, bien sûr).
A demain Hellfest !

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Une réflexion sur “HELLFEST 2014 Report du jour 2

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