HELLFEST 2014 Jour 3, suite et fin…

Ce troisième jour en enfer commence par une chaleur de plomb. L’orage se rapproche et l’air manque… Rien de tel qu’un petit dèj à base de cidre pour requinquer les courageux ! C’est ainsi que les boots pleines de terre, je pars de bonne heure peupler le front row de Blues Pills, manqué à plusieurs reprises du fait de l’annulation d’une grande partie de la tournée. Au hasard de la drôle de matinée je retrouve toute une poignée d’amis sur place. Que la fête commence !!

Scorpion Child

Blues Pills

Le quatuor à patte d’Eph’ fait son apparition sur la Mainstage, rendant un hommage implacable au mouvement hippie. Un brin de vent dans les longs cheveux blonds de Elin Larsson et High Class Woman retenti dans la prairie. Les enregistrements ne nous avaient pas trompés, sa voix est absolument surprenante. L’émotion semble se généraliser dans le public : le Hellfest se réveille en douceur. On aperçoit derrière les fûts l’ancien batteur de Truckfighters, André Kvarnström, alias Poncho… Le morceau qui suit, Devil Man, met une nouvelle fois en valeur les qualités vocales de la chanteuse, toutefois le jeu de Dorian Sorriaux vaut lui aussi son coup d’oreille. Très à l’aise, il semble caresser sa guitare comme si elle était en cristal. Il use d’une précision et d’une subtilité hors paire. Il est encore tôt et les Blues Pills se cantonnent à quatre morceaux, au grand désespoir des bouches bées qui hantent la Mainstage.

[Setlist : High Class Woman, Devil Man, Black Smoke, Little Sun]

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Scorpion Child

Toujours dans l’ambiance seventies revival, Scorpion Child débarque avec une bonne dose d’énergie. Le frontman, Aryn Jonathan, rappelle un certain Robert Plant dans les mimiques scéniques. Même déhanché, mêmes gémissements, même façon de placer quelques frappes de tambourins de ci de là. Quant aux techniques vocales, elles frôlent tout simplement le plagia. Les Scorpion Child s’inspirent indéniablement de la période Led Zeppelin mais lui injectent une grosse couche de gras. Ils sont tellement présent sur scène qu’on se fatigue rien qu’à les regarder ! Calée sur le mouvement de foule, je termine ma pinte de cidre et pars la bouche en cœur voir les Lofofora

Lofofora

Face à Lofofora on est pris d’une soudaine et étrange envie de dévaliser un Shopi en Sir de Beaupré et de s’égosiller dans la première manif’ venue. Ça chante en français, ça fout la merde dès le matin avec un beau circle pit rebelle à souhait, et ça fait du bien. Mon interlude Lofo fut bref mais revigorant.

[Setlist : L’œuf, Justice Pour Tous, Les Gens, L’Innocence, Le Fond Et La Forme, Elixir, Pornolitique, Tsarine]

Crowbar

Courte pause déjeuné incrustée dans la programmation diabolique des Mainstages, puis retour dans l’arène pour Crowbar. Kirk Windstein n’est pas là pour acheter du terrain, il balance violemment les premiers accords de Conquerins face à un public déjà bourr… heu motivé ! Le sludge crade et malsain se veut aussi lourd que l’atmosphère orageuse, prêt à péter ! La setlist a, je pense, ravi les fans de la première heure qui ont terminé leur digestion sur All I Had I Gave et Planets Collide. Du classique et efficace. On n’en demandait pas plus.

[Setlist : Conquerins, High Rate Extinction, The Lasting Dose, Vaccum, New Dawn, Walk With Knowledge Wisely, All I Had I Gave, Planets Collide]

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Avec ma collègue de Radio U Brest, Morgane, on file dans le Royaume du Muscadet, interroger quelques festivaliers pour l’émission spéciale… Dans le même ton, on se rapproche du press corner où John Garcia nous attend pour papoter sous un très moche parasol papillon (lire l’interview)… No offense Hellfest, tout le reste était d’excellent goût.

Spirit Caravan

Les interviews terminées, la pression retombe et l’envie pressante de se laisser aller devant papa Wino se fait sentir. J’assiste pour la troisième fois à un set des Spirit Caravan depuis leur reformation avec toujours la même excitation. Sur le côté de la scène, on aperçoit Electric Wizard au grand complet, Witch Mountain, Acid King, Nick Oliveri et Joey Castillo en mode groupie. Au premier rang, je retrouve les habitués des Stoned Gatherings parisiennes. C’est donc en famille qu’on se délecte de Healing Tongue, Dreamwheel, Jug Fulla Sun, Undone Mind… Le batteur Henri Vasquez, non content d’avoir déforesté la moitié de la planète en fracassant ses baguettes lors du dernier Desertfest, s’attaque une nouvelle fois méchamment à ses barriques. Le trio semble heureux d’être là, mais certainement pas autant que la masse de cheveux et de poils agglutinée sous la Valley. C’est le sourire aux oreilles que Scott Weinrich et ses acolytes quitteront la scène.

[Setlist : Healing Tongue, Black Flower, Cosmic Artifact, Retroman, Dreamwheel, Jug Fulla Sun, Powertime, Undone Mind, Dove-Tongued Agressor, Fang, Sea Legs, Brainwasted, Inside Looking Out]

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Black Sabbath

Voulant rester jusqu’à la fin de Spirit Caravan, je manque mon placement devant Black Sabbath. Choix cornélien assumé. Je suis donc bien loin de Ozzy Osbourne et de Tony Iommi. Ceci dit, assez proche pour m’égosiller pendant War Pigs ou Snowblind. Je suis très surprise par le manque d’enthousiasme de cette partie de la prairie. Habituellement confinée aux premiers rangs, je trouve le public mollasson. Je reste une bonne heure devant le père du Heavy Metal pour me rendre compte que le pauvre vieux n’est plus tout frais. Il chante faux et manque quelque peu d’énergie. Enfin… Je ne traîne pas car si je me permets de rater le front row de Black Sabbath, impensable de voir Unida de loin ! Direction la Valley à toute berzingue.

[Setlist : War Pigs, Into The Void, Snowblind, Age Of Reason, Black Sabbath, Behind The Wall Of Sleep, N.I.B, Fairies Wear Boots, Rat Salad, Iron Man, God Is Dead, Children Of The Grave, Paranoïd]

Unida

Sous la tente furibonde, je me fraie un passage jusqu’aux barrières devant la scène où les inconditionnels du groupe forment déjà un rang d’oignons conséquent. Après une brève apparition de Nick OliveriUnida s’installe rapidement et embraie sur Wet Pussycat. On note un Thorn d’anthologie et un Puppet Man a déraciner les piquets de la Valley. Ceux qui comptaient assister à une prouesse de John Garcia se sont vus extrêmement déçus par la prestation du frontman. En effet, Monsieur Desert Rock tire la tronche tout le long du set, laissant ses potes assurer une jam pendant qu’il clope à gauche de la scène. Un grand merci à Arthur Seay et Curt Christenson (bassiste sur la tournée) pour avoir pris en main l’intérim avec brio ! Les cordes donnent tout ce qu’elles ont, et même si l’impro met un peu de temps à se lancer, le résultat est plus que satisfaisant. Lorsque Garcia revient enfin (après une bonne dizaine de minutes), c’est pour faire chauffer les notes de Black Woman avec une vraie énergie retrouvée. Le public mi perdu mi excité devant ce show improbable perd tout contrôle. La tente se vide dans l’allégresse…

[Setlist : Wet Pussycat, M.F.N.O, Thorn, Stray, Summer, Red, Human Tornado, Nervous, Vince Fontaine, Puppet Man, Dwarf It, Hangman’s Daughter, Black Woman]

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Après une telle journée, il est impossible de penser à dormir. Et ça tombe bien, au Green Camp il est hors de question d’enfiler un sac de couchage avant le levé du jour ! Des combats de caddies tamponneurs ou des glissés de dauphin s’organisent à la sauvage aux quatre coins du dortoir géant. Ce n’est qu’au petit matin que l’on s’aperçoit de l’étendue des dégâts, les yeux cernés. Quelle tristesse tous ces emplacements vides… Dans un brouillard de torpeur, j’entends une double pédale au loin. Affolée, je m’assure que mes voisins l’entendent aussi : « Y’a des balances j’vous dis !! CONCERT !! » Hélas non, ce ne sont que les acouphènes provoquées par les bouchons gratos du stand prévention… Ça y est, c’est fini. Ciao ciao Hellfest, à l’année prochaine !

 

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