King Buzzo + Throw Me Off The Bridge @ Nouveau Casino, Paris le 31.08.2014

King BuzzoC’est avec empressement que je me dirige vers l’étroite entrée du Nouveau Casino de Paris. Ce soir le King joue, et rien ne me fera rater ça ! L’enthousiasme est palpable dans l’assemblée. J’entends des « c’est quoi déjà la première partie ? » ou « putain j’peux pas aller pisser, on va me chourer ma place au premier rang ». Le parterre de gamins trépigne tandis que je déballe mon appareil photo…

Tourner la page…

Throw Me Off The BridgeLe premier candidat de la soirée s’avance seul sur scène, muni d’une Gibson accoustique collée bien haut sur son buste. Throw Me Off The Bridge, alias Quentin Sauvé, esquisse un léger sourire avant de délier les notes de ses compositions mélodiques et glacées. Une douce folk écorchée et mélancolique s’installe. On sent des inspirations venues des quatre coins de l’univers underground : du black metal, du punk, du post-rock, mais aussi de la folk. La tristesse absolue qui se dégage de la voix du Lavallois rapproche, créé une intimité avec le public. Le chanteur se livre sans concession, on a presque mal pour lui. Chaque arpège qui se dessine rafraîchit un peu plus l’atmosphère, inventant une beauté tout particulière, dure et froide. Mon collègue dans un autre webzine me chuchotte à l’oreille « t’as pas une corde ? ». Il n’a pas tord, c’est résolument désespérant et noir, mais bizarrement la musique de Throw Me Off The Bridge a quelque chose de rassurant. On ne peut s’empêcher de compatir avec la douleur de l’artiste et celle-ci agit en quelque sorte comme un exutoire. Ça me rappelle l’effet que certaines chansons de Nirvana avaient sur moi quand j’étais ado. Elles me permettaient de me défouler et d’oublier ce qui me mettait en boule avant de passer le disque. Malgré le côté funeste et déprimant, ce fut pour moi une belle découverte ! Je n’hésiterai pas à me repasser l’album un de ces soirs de tempête, seule dans mon donjon…

Un palmier capillaire, mais pas que !

King BuzzoMonsieur Melvins !!!! Oui oui oui !!! Après avoir écouté 57 fois l’album le jour même où je l’ai retiré du kit presse, j’ai compté les jours jusqu’à la date du 31 août 2014. Le KING lui-même nous fait l’immense honneur de sa présence !
Buzz Osborne monte sur scène silencieusement. Il commence à faire des rondes en oscillant sa chevelure bouclée et en scrutant insidieusement sa cour. Je ne sais pas comment expliquer cela, mais son petit sketch en a fait marrer plus d’un. Le talent, que voulez-vous… Et puis sans crier gare, le concert commence. Entre deux morceaux, le frontman des Melvins annonce la couleur : deux Melvins, un Alice Cooper et le reste, du « Buzz solo ».
« Drunken Baby » et « Dark Brown Teeth », extraits de son album This Machine Kills Artists, ne passent pas inaperçus. Le bonhomme joue tous les rôles à lui seul : percu, basse, guitare et chant. Il explore la gamme des possibilités qu’offre l’électro-acoustique avec un entrain constant. Les nuques s’affolent comme dans n’importe quel show punk ou metal, et ne s’arrêtent que pour pouffer de rire. Buzzo le King possède un humour renversant qu’il communique à ses fidèles grâce à un rire caverneux, inimitable. En véritable comique à succès, il se lance dans une histoire saugrenue où Iggy Pop et Mike Patton tiennent les rôles principaux. Deux trois vannes sur sa femme, qui visiblement ne manque pas non plus de second degré, et voilà notre King qui taille la bavette à son public comme s’il était en soirée avec ses potes.
L’album venant de sortir, on profite de beaucoup de ses titres, mais aussi des deux « Melvins » prévus, et surtout d’une cover d’Alice Cooper : « The Ballad of Dwight Fry ». LE tube pour emballer devant un feu de camp ! Buzz Osborne l’interprète avec beaucoup moins de sex appeal qu’Alice Cooper mais avec néanmoins autant de fougue. Il a une capacité déconcertante à rentrer et à s’investir dans sa musique. Tout comme sa façon de s’esclaffer, son engouement est communicatif. Bref, j’aurais bien sorti un briquet…
Comme après chaque concert, je m’imprègne de l’ambiance de fin et des commentaires qui l’accompagnent. La moitié du Nouveau Casino est conquise, l’autre moitié est un peu plus amoureuse de son roi. Objectif atteint, merci Kongfuzi !

 

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