BLACK MOTH, Condemned To Hope : l’effet papillon

1500x1500 square coverAvec Condemned To Hope, Black Moth signe son deuxième opus depuis The Killing Jar, sorti en 2012. Un tournant parfois fatal pour un groupe mais qui s’avère plutôt positif pour le gros papillon qui propose une galette noire et lourde très mélodique. Un joli alliage de pop et de metal qui agit comme un couple à la fois atypique et surprenant. La base heavy se voit embrumée de la voix rebelle et mélancolique de Harriet Bevan. Elle trempe dans le doom/grunge sans avoir peur de poser deux trois éléments « brit pop ». On est effectivement « condamnés à espérer ». Pas facile de s’imposer sur la scène underground avec un tel adage, mais Black Moth n’a pas froid aux yeux. Il faut dire qu’ils sont très bien entourés car c’est Monsieur Jim Sclavunos (Nick Cave & The Bad Seeds, The Cramps, Grinderman) qui a produit l’album et Roger Dean, le papa de certaines pochettes de Yes, qui a dessiné l’artwork. La classe à l’anglaise…

Tumbleweave démarre l’album en présentant un garage rock fort en caractère. On découvre la voix de Harriet Bevan qui s’apparente à celle de Soph Day de Alunah mais avec beaucoup plus de charisme et de présence. La patte Black Moth se retrouve à plus forte raison sur des morceaux comme Set Yourself Alight, White Lies ou Room 13, qui restent très mélodiques tout en infligeant un son puissant et énervé, inspiré du garage anglais ou des frasques des Melvins. Les anglais osent l’insolence et elle leur va bien !
Looner fait partie des titres plus « joyeux ». On sent une lueur d’espoir, bien que lointaine et incertaine. Jex Thoth n’aurait pas renié ce morceau, bien qu’il ne soit sans doute pas assez désolant pour sa chanteuse, Jessica. Trêve de positivité, The Undead King of Rock ‘N’ Roll rappelle que nos anglais ont certainement écouté Electric Wizard un jour ou l’autre. La piste est noire comme le doom, le démembrement de cervicale est donc inévitable. Black Moth réussit un tour de force en imposant une voix féminine, ponctuellement accompagnée de soli de guitare très aériens, sur des notes aussi grasses. L’effet est totalement inattendu. On continue d’avancer dans le marécage vaporeux avec The Last Maze qui laisse traîner ses notes de façon hypnotique. Même caractéristiques pour Red Ink qui apporte une touche entraînante, raflant l’attention de l’auditeur pour ne jamais la lui rendre.
Stinkhorn commence par une intro très seventies, style « Katmandou is the new cool ». Le duo chant/basse produit une atmosphère planante entièrement déconstruite par le morceau suivant, Slumber With The Worm. Le quintet part à la conquête de l’Ouest en parsemant le titre de rockab’ et de country. Le côté garage est toujours bien présent, avec en prime un beau passage très répétitif et rapide, escorté par une voix décidément très sensuelle.
Condemned To Hope se clos pertinemment par un morceau qui porte le même nom que l’album et qui revient aux sources : intro à la guitare très écorchée, voix torturée, sombre et grave, lourdeurs et cassures dans le rythme. Le Très Bas signe cette magistrale conclusion doomesque. On a hâte de voir ce que ça donne sur scène !

Black Moth – Condemned To Hope – 2014 / New Heavy Sounds

Tumbleweave
Set Yourself Alight
Looner
The Undead King of Rock ‘N’ Roll
The Last Maze
White Lies
Red Ink
Room 13
Stinkhorn
Slumber with the Worm
Condemned to Hope

Plus d’info

Vidéo pour Room 13

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