John Garcia + Steak + Komatsu @ Glazart, Paris le 2.12.2014

Encore un excellent plateau pour cette Stoned Gathering automnale. Deux petits protégés de Napalm Records, ouverts par un quatuor tout droit venu de Eindhoven, de quoi se mettre en appétit et bien débuter la semaine ! Pour cette date, Heavy Report accueille la photographe Emi Gourgand, qui pose son œil décalé sur cette dose massive de rock’n’roll et illustre le report avec ses images style polaroid. Merci à elle ! Merci aussi aux Stoned Gatherings et à Dead Pig !

Le rythme du Pays des fromages

La grosse découverte du jour donc, et c’est aussi pour ça que je vais aux Stoned Gatherings les yeux fermés, ce sont les Hollandais de Komatsu. Rien à voir avec les tractopelles de chantiers, il s’agit bien d’un quatuor stoner/slugde méchamment motivé qui a ouvert la soirée sur des notes puissantes et dévastatrices. Ils ont réussi le tour de force de déloger les indécrottables fumeurs de début de concert qui pensent que même après le troisième morceaux, ils sont encore laaaaarge…. Le son de Komatsu oscille entre l’extrême lourdeur de Kvelertak ou de Mastodon, avec des morceaux agressifs, et le groove de Monster Magnet allié à un chant clair, ultra mélodieux, sur Hail to the King, par exemple. Parfait donc pour réchauffer l’atmosphère en cette froide nuit parisienne, et engloutir quelques bières.

A taaaable, y’a du Steak !!

Visiblement le public n’est pas juste venu applaudir monsieur Desert Rock, il s’est également déplacé en force pour voir les anglais de Steak ! Avec un son ultra saturé qui rappelle celui de Slo Burn, et la voix de Kippa, le chanteur, qui fait indéniablement penser au groove d’un certain Garcia, on comprend mieux le choix du line-up de la tournée… Très présents sur scène (personne ne reste insensible à de si beaux cheveux), le combo poursuit dans la lancée de Komatsu. Il ne fait jamais trop chaud à Glazart ! Les riffs sont à la fois violents et entraînants. Le chant se fait tantôt sensuel, tantôt brutal, et cette alternance se marie parfaitement avec le genre, dans l’esprit du son du désert : un hors d’œuvre sur-protéiné avant le set de Garcia.

On se souvient bien du fameux EP, Corned Beef Colossus, enregistré en Suède dans le studio d’Oskar Cedermalm et de Niklas Källgrende de Truckfighters. Fortement apprécié, il a rapidement été suivi par l’album Slab City, quant à lui enregistré au Thunder Underground de Palm Springs, le studio des Vista Chino et compagnie… De jolies références sur le tableau de chasse des gentlemen, et des qualités illustrées avec brio sur scène, bien que dans un temps donné restreint. On attend la tournée en tête d’affiche avec impatience.

Il a souri, sisisi…

Bon, on ne va pas se le cacher, malgré des guests bien choisis (Robby Krieger, Danko Jones, Tom Brayton, Mark Diamond ou Nick Oliveri), l’album solo ne m’a pas spécialement transcendé. Loin d’être mauvais, force est de reconnaître qu’il est difficile de ne pas le comparer aux autres projets de Garcia, d’une toute autre envergure. Honnêtement je suis plutôt venue pour entrendre du Slo Burn et du Kyuss, et surtout pour voir Ehren Groban ( War Drum ), Mike Pygmie ( You Know Who ) et Greg Saenz ( You Know Who, The Dwarves ) ensembles sur scène. John Garcia a réussi à rassembler la crème du stoner californien sur sa tournée, c’est tout de même immanquable et je n’ai pas été déçue.

Exit les morceaux ultra romantiques de l’album solo, pourtant interprétés à la perfection par un Garcia en grande forme, concentré et souriant, dont je retiendrais avec émotion le pli de la chemise crème qui s’est offert à ma vue de façon indécente pendant tout le concert ; place donc aux reprises avec July, extrait de Amusing The Amazing de Slo Burn, ou encore All These Walls, version de Cactus Jumper extraite du même album. Niveau Kyuss, on a été servi : Caterpillar March, One Inch Man, Gloria Lewis, El Rodeo, 800…

MIke Pygmie et Ehren Groban ont plutôt bien assuré le show en se chamaillant derrière le frontman dès qu’ils le pouvaient. Amusement partagé par un mosh pit en état de siège. Quant au batteur Greg Saenz, il a violemment démonté ses fûts dans une tenue de gros bras des cartels mexicains, donnant une dimension puissante aux trois morceaux joués en rappel, et pas des moindres puisqu’il s’agit des titres qui ont fait le succès de Kyuss : Supa Scoopa and Mighty Scoop, Green Machine et Whitewater. John Garcia a offert quelques jolies démonstrations de son légendaire décroché de la jambe et de son implacable maîtrise du tempo  : très impressionnant de le voir compter les silences en scrutant la section rythmique à la fin de Supa Scoopa and Mighty Scoop ! En véritable showman, il sait comment se mettre le public dans la poche en l’applaudissant et le complimentant, tout en sifflant une vodka orange en arrière plan.

Je retiens enfin le plaisir partagé dans le public, d’entendre un répertoire qui a profondément marqué les goûts musicaux de toute une génération. Rare sont ceux qui n’ont pas quitté le devant de la scène en sueur pour aller se jeter sur le merch’… Un nouveau sans faute pour le « Maître ».

Setlist :

Caterpillar March
Rolling Stoned
One Inch Man
My Mind
5000 Miles
The Blvd
Gloria Lewis
Flower
El Rodeo
Argleben
Space Vato
Saddleback
800
July
All These Walls
___________________________
Supa Scoopa and Mighty Scoop
Green Machine
Whitewater

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