MONOLORD, Empress Rising : un voyage morbide sur un Styx de riffs impurs

MonolordERMonolord débarque bientôt en France (voir les dates), c’est donc l’occasion de sortir de ma torpeur pour publier une petite chronique de leur dernier opus : Empress Rising. Comme la plus part des galettes qui ont l’immense privilège de se retrouver sur ce blog, cet album a usé mes enceintes jusqu’à en faire péter l’alimentation en électricité de tout l’immeuble. Empress Rising est à mon sens l’une des meilleures production Doom de 2014, avec peut-être Salem’s Pot.

Ce premier album brille surtout de par ce morceau hypnotique et malsain : Empress Rising. La voix d’outre tombe de Thomas Jäger se pose sur un mur dégoulinant de gras. Le cisaillement des syllabes mènent l’auditeur dans des profondeurs obscures et néfastes. Monolord propose un voyage morbide sur un Styx de riffs impurs. Une balade en Enfer ponctuée de dangereuses rencontres entre le Heavy et le Black.

La prod’ fait son maximum pour imposer un rythme macabre, et ne se prive d’aucun effet de coupage/découpage sonore de tous les motifs sombres qui lui passent par la main : extraits de discours, pauses impromptues, déformations en tous genres et dépravation du moindre ornement mélodique qui traîne. Si les titres semblent s’enchaîner et se ressembler, point d’ennui face à l’horizon brumeux qui se dresse devant cette funeste embarcation. On navigue de plaisir sur les morceaux dérangeants de Harbinger of death ou de Icon. La répétition créé ici une pathologie musicale digne des Electric Wizard et autres maîtres du Doom.

A la différence des Salem’s Pot, autres camarades tordus de l’écurie Riding Easy Records, Monolord se laisse guider par une voix presque familière du genre, qui rend la galette vicieuse et nuisible. On note les rythmes tribaux qui se perdent de ci de là, ajoutant une ambiance anthropologique, à la recherche de rites anciens, oubliés, cachés… Tel un groupuscule organisé, les Suédois se faufilent parmi des inspirations psychédéliques très seventies, relevées à la sauce glauque à grand coups de fuzz lent et perturbant. Comme si Witch, pour ne pas dire Black Sabbath, se faisait reprendre par Inquisition

Monolord ne débouche aucun conduit auditif, bien au contraire, il les encrasse profondément et pour l’éternité. Il profane les oreilles de son incontrôlable hérésie, et on en redemande !

Monolord – Empress Rising  – Riding Easy Records (sorti le 01.04.2014)

1. Empress Rising
2. Audhumbla
3. Harbinger of death
4. Icon
5. Wathcers of the waste

Plus d’info

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Bandcamp
http://ridingeasyrecords.com

 

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