HELLFEST 2015 J-1 Vs Jour J

Ambiance_FabianBelleville-1C’est dans le train de l’Enfer savamment paré des couleurs du Hellfest, que je gagne Clisson dès le jeudi. Le Leclerc arbore lui aussi les couleur du fest. Un Hell Truck garé sur le parking fait rage tandis que d’impétueux commerciaux me font des offres indécentes au rayon bière… Mes premiers pas sur le site sont quant à eux à l’image de l’édition précédente : compliqués. La foule ne pouvant accéder au site, s’entasse au pied d’une guitare géante. Les 150 000 festivaliers attendus ne manquent pas à l’appel, mais hors de question de laisser cette horde de cheveux gâcher mon Hellfest, le plan d’attaque du Green Camp s’organise ! En 2 secondes une armée de bâches griffées de tribus andines émerge de la prairie. De familiers « poc/gling » se font entendre, présage de l’apéro qui commence : « t’es où ? » ; « à 10h avant les chiottes » ; « je te vois, tu me vois ? » Le jeudi est un jour de festival à part entière… (PHOTOS Fabian Belleville)

Mon acolyte photographe, Fabian, nous régale de magret de canard au miel (oui vous avez bien lu). Ce festival s’annonce finalement sous de magnifiques auspices ! Le ventre plein de bonnes choses, je m’engage parmi les tentes, à la recherche de l’Alliance de la Bûche. Orgas, webzines et public se trouvent là, sur un beau canapé en cuir (si si), à discuter gros son, prochain concert, ou à débiter des ignominies que je ne saurais répéter. C’est avec un plaisir non dissimulé que je passe d’un campement à un autre, couvrant mes pompes de poussière, d’amitié et de fête. Attention à toi Hellfest !!

Le vendredi commence sous la Valley (bien sûr) avec un groupe français : Glowsun. Immanquable donc. D’autant plus que l’habituelle tente « Valley » est devenue un immense hangar à rock’n’roll du désert. Accrochée à la rambarde de sécurité telle une moule à son rocher, j’écoute fièrement les Lillois qui bonifient d’année en année. Le set de 30 minutes et quelques a un amer goût de trop peu mais reste dans le thème du dernier album Behing The Wall Of Time. Fidèle à son psychédélisme à toute épreuve, Glowsun a ce truc en plus depuis quelque temps qui rend leur show déjanté. Un poil de guinche dans le breuvage atmosphérique, c’est donc ça la recette !! Vous me suivez ? Je les trouve beaucoup plus présents sur scène, chaque concert déboîte un peu plus mes cervicales, et ce pour mon plus grand plaisir. Heavy quand tu nous tiens…

PHOTO : Glowsun par Fabian Belleville

Insatiable mollusque du premier rang, je continue d’essuyer la rambarde avec mon T-Shirt Glad Stone Asso. La suite c’est The Midnight Ghost Train. Ils ne sont pas Lillois mais on les aime comme s’ils l’étaient ! Visiblement ému de retrouver quelques têtes familières, Steve Moss lance un Foxhole infernal avant de se propulser au milieu de la scène où le bassiste Mike Boyne l’attend pour le duo de nuques caractéristique du combo. Quelques suaves déroulés de poignet accompagnent les story-telling à la sauce heavy du guitariste-chanteur. Il se passe quelque chose sous la Valley, ça groove sans relâche sur le hard-blues des Midnight Ghost Train.

PHOTO : The Midnight Ghost Train par Fabian Belleville

Hypnotisée par tant de talent, ce n’est qu’après ces deux concerts mythiques que je découvre le nouveau décor du Hellfest. Outre les parures style tatouage old-school qui ornent les Mainstages, c’est le verdoyant gazon qui retient mon attention. Le Hellfest a définitivement pris une autre tournure. C’est presque trop propre, j’ai envie d’enlever mes chaussures.
Je rate avec dépit Samsara Blues Experiment à cause de mes interviews au Press Corner mais j’arrive à point nommé pour Desert Cruiser, le morceau qui ouvre le set des Truckfighters. Le groupe ayant décidé de faire la part belle au dernier album The Chairman que j’ai moyennement apprécié (voir la chronique), je quitte la Valley avant la fin du concert.
J’en profite alors pour me rapprocher (enfin !) des stands repas… Seules les carottes bios n’ont pas de file d’attente disproportionnée. Je tente ! Le problème des « grandes crèmeries » comme dirait mon collègue de Pelecanus, c’est que, malgré la possibilité de voir plein de groupes et de retrouver plein de gens, il faut sans arrêt se diviser, faire des choix, se presser. Et moi, j’aime pas me presser. C’est donc installée les quatre fers en l’air sous la Valley que je descends tranquillement mon pichet pendant qu’Orchid énerve le hangar de son hard rock vintage. C’est heavy, ça joue, c’est efficace, et oui on a déjà entendu un truc dans le genre 150 fois au moins, mais n’est-ce pas le jeu (hein Lucette?!) ?
Un petit détour par la Temple pour apprécier le « Sumerian Thrashing Mesopotamian Black Metal » de Melechesh. Originaires de Jérusalem et d’Allemagne, le quatuor offre une sacrée rythmique. Les cheveux ne tiennent pas en place.

Toujours dans une course effrénée contre le gras, je me place intelligemment pour savourer High On Fire sous la Valley. Qu’est ce qu’on est bien à l’abri du soleil ! Et là, sans crier gare, LA BÛCHE !! Matt Pike assomme photographes, public, groupies cachées en backstage ainsi que tout être vivant présent ce jour là, à grand coups de riffs monumentaux. C’est qu’il sait y faire le bougre. Peu d’interlude, rien que de la cadence sale et violente, assise devant un mur d’amplis Oranges haletants. Autant dire qu’après ça, il ne reste plus qu’à ramper péniblement jusqu’au bar le plus proche pour vider sa cashless. Je ne suis toujours pas remise de mes émotions quand retentit le célèbre « we are Motörhead and we play rock’n’roll » de la bouche enraillée et fatiguée d’un Lemmy à bout de souffle.

Pendant ce temps là, dans une cabane de fer forgée, des dames nues sous leurs maillots de corps en latex, jouent avec bâtons enflammés…

Ambiance_FabianBelleville-11Alerte générale sur mon téléphone, l’application Hellfest m’informe que Mastodon joue dans 15 minutes. Pouah, on est bien loin du bordel du FuryFestMastodon arrive sur scène sans prétention aucune, avec quand même deux fois six amplis guitares et quatre de basse. Moui, on n’est jamais trop prudent. Bûche numéro deux ! Une ribambelle de rondins adipeux pleut sur la Valley. Troy Sanders, le chanteur/bassiste, est au top de sa forme et tout sourire. De Tread Lightly à Crystal Skull, les quatre Américains offrent un show massif et généreux. Chacun prend humblement son tour de chant, tandis que les autres brillent par leur charisme et leur habileté. Un sans faute pour Mastodon !

Épuisée par une deuxième journée de débauche, c’est devant Wovenhand que je me cale. Toujours dans la Valley, David Eugene Edwards mime sa Low Folk avec de larges gestes plus ou moins explicites. Bien que d’apparence tranquille, Wovenhand revêt une profonde brutalité. Paroles comme mélodies expriment une douleur intense et progressive. Minutes après minutes s’installe cette violence bien particulière, à la fois tranchante et écorchée. L’imposante section rythmique du combo dicte une lourdeur profonde, incontournable. Wovenhand c’est l’expérience de la souffrance, mais aussi de la beauté. C’est très étrange à entendre sur ce type de manifestation, et ce malgré un côté sombre inéluctablement dans le thème…

Je rejoins mon campement abasourdie, en suivant les bites en plastiques. A demain Hellfest !!

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