Hellfest 2015 Jour 3 – Gros son, apéro au soleil et nostalgie

Ambiance_FabianBelleville-9Voilà, le dernier jour du Hellfest est arrivé. La mauresque de la veille fait mal dans les ongles tandis qu’une pointe de tristesse se lève avec le soleil. Comme tous les matins en Enfer, le réveil s’accompagne d’une virée au café, puis au toilettes, puis à la recharge de téléphone. La matinée passe donc extrêmement vite, tellement vite qu’il est rapidement 13h. Et à 13h… il y a Red Fang ! Chronique d’un dernier jour de festival épique. (PHOTOS Fabian Belleville)

Violent ce premier concert de la journée, directement sur une Main Stage, en plein soleil. Honnêtement, les Red Fang je les aime depuis le début. Je me plains souvent que leurs shows manquent d’originalité, mais ma nuque trouve toujours matière à s’enflammer. Cette fois-ci, ils ont réussi à me lasser. Wire, Prehistoric Dog, Doen, les tubes s’enchaînent et le public est visiblement ravi. Pour ma part je suis en pleine overdose de Red Fang. Le décor pin-up de la scène me pique les yeux, je me traîne difficilement au milieu de la fosse avec ma pinte Motörhead, et on me glisse dans l’oreillette que Russian Circle s’installe sous la Valley. Bref, je me casse.

Pendant ce temps-là, un désoiffeur sauve un festivalier de la dépression en lui annonçant qu’il sert des pintes…

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Allez,on se ressaisit ! De retour à la maison (Valley Stage), je trouve rapidement le bon spot et me mets à l’aise. Russian Circle a cette incroyable aisance scénique. Ils imposent rapidement leur sombre mélancolie, envoûtant une Valley qui dégouline de monde, en un clin d’œil. Les cercles harmonieux se forment et se déforment. Ils créent des méandres instrumentaux riches et fascinants. Si le groupe est nettement plus agréable à découvrir dans une petite salle, c’est avec un immense plaisir que j’ai posé mon short en jean devant Russian Circle. La pause onirique est de bon aloi après tant d’heures de débauche…

Voilà un des groupes pour lesquels j’étais la plus impatiente : Weedeater ! Avec un batteur non pas dernière les fûts mais à côté, et un chanteur/bassiste quant à lui devant, derrière et à côté de son whisky, on imagine un show sludge au top. Personnellement je jubile au premier rang avec mon t-shirt à leur effigie. La Valley, elle, tire un peu la gueule…  Travis Owen remplit ses poumons de Cristalline pour mieux la recracher sur sa batterie positionnée de façon latérale au public. L’eau danse sur les fûts tandis qu’il les frappe comme si sa vie en dépendait. Dixie Dave avale sa demie bouteille de Jack‘s sans rien recracher cette fois, tout ceci en arborant un magnifique trou dans le t-shirt, détail non sans importance. Vous l’aurez compris, l’aspect musical n’est pas spécialement ce qui prime ici. Un show de Weedeater c’est une expérience, un ressenti, une orgie de gras. Il est d’ailleurs un peu difficile d’établir une setlist… J’ai toutefois relevé God Luck and Good Speed ou certains des nouveaux morceaux (très rares) comme Goliathan  ou Cain Enab. Peut-être que si l’apéro avait duré un peu moins longtemps côté artistes, le show eut motivé les foules à plus forte raison ? (vous avez 2h).

PHOTO : Weedeater par Fabian Belleville

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Dans le style bourrin crado venant des States, Eyehategod prend le relais de Weedeater avec splendeur et magnificence ! Lorsque Jimmy Bower emmanche sa guitare, la Valley arrête toute activité en cours. A l’instar de son collègue chanteur, Mike Williams, sa seule présence sur scène suffit à intriguer et à attiser la curiosité des oreilles.  Agitation ! Propaganda ! réveille violemment la tente. Des événements surnaturels commencent à se produire. De la bière vole en éclat, des pieds flottent sur le public en nage, des t-shirts se retirent, des cris fusent, la guerre éclate. Lack Of Almost Everything, New Orleans Is The New Vietnam… On se prend poutre sur poutre jusqu’à la fin du set !

Saint-Vitus, immense groupe de doom qui a rangé l’expression « né trop tard » parmi mes préférées et autrefois mené par Scott Weinrich au chant, a grandement pâti de l’absence de son dernier frontman en date. Grosse grosse déception me concernant. Ce dernier étant remplacé par Scott Reagers, initial chanteur de Saint-Vitus. Je ne sais pas s’il s’agit d’une habitude prise d’entendre Wino au chant, mais la prestation Scott Reagers, bien que réellement excellente, m’a parue mal assortie avec le son en général, et la voix inadaptée. J’avais l’impression d’écouter Ian Gillan et cela m’a beaucoup perturbée ! Attention, que les choses soient claires. Si la présence de Scott Reagers m’a déstabilisée, il n’en est pas moins que Saint-Vitus a proposé du grand doom, sale, lourd et lent comme jamais. Zombie Hunger, White Magic/Black Magic, Burial at Sea, Saint Vitus ou encore Born Too Late ont eut raison de la Valley.

PHOTO : Saint-Vitus par Fabian Belleville

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De quelle meilleure façon refermer un Hellfest qu’en assistant à un show de notre parrain non officiel : Phil Anselmo ?  Accompagné de Jimmy Bower (Eyehategod, Down, Crowbar,  Corrosion of Conformity, etc.) qui enchaîne là son deuxième show de la journée, Superjoint Ritual s’inscrit à merveille dans la lignée des concerts sludges New Orleans que nous a concocté le Hellfest. A mi chemin entre Pantera et Slayer, le super groupe balaie les genres d’un son agressif et hardcore. Phil Anselmo illumine le show comme à l’accoutumée, et est acclamé par son public tel un curé dans une église ! On se dit épuisé par 3 jours « extrêmes » mais il faut voir comment tout un chacun trouve les ressources nécessaires pour survivre au live de Superjoint Ritual. Entre deux monologues d’Anselmo, les tubes s’alignent : The Alcoholik, Fuck Your Enemy, Ozena, Waiting for the Turning Point, pour finir par le morceau éponyme Superjoint Ritual, qui achève littéralement une horde de festivaliers au paroxysme de l’excitation.

Un sentiment de satisfaction exacerbé gagne le public de la Valley qui se sépare tout sourire dehors. Il est temps maintenant de retrouver les « CHRISTINE BOUTIN !! » et les « SODOMIE!! » qui hantent le camping. Bilan de ces quelques jours de Paradis/Enfer (on ne sait plus très bien au final): de beaux lives, une jolie affiche, une ambiance détonante, un Press Corner ainsi qu’une orga globalement au top ! On s’en est encore mis plein les oreilles : merci Hellfest !

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