JEU VIDEO Doom 1993-2016

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Rock‘n’roll was the “inspiration for everything” (Hugo Martin, directeur artistique chez Software)

doom-frontEn 1993, Les gamers de tous pays découvraient incrédules la nouvelle pépite du studio id Software : Doom. Quoi, un graphisme 3D immersif doublé d’un multijoueur en ligne ? Pincez-moi, je rêve… (TEXTE : Julien Girault)

L’histoire ? Simplissime : les portes de l’Enfer s’étant ouvertes, on envoie un Marine muni d’armes iconiques faire le ménage. Toutes références aux grands films fantastiques et d’action des années 80’s-90’s étant bien évidemment intentionnelles. Un principe fondamental : du fun et encore du fun. S’ensuivit alors une quantité de « sequels » n’apportant rien à l’histoire, le contenu additionnel se comprenant comme… toujours plus de fun ; cette perspective de brouillon amélioré se rapproche très fortement dans l’âme du diptyque Evil Dead I et II initié par Sam Raimi. Certes, Doom fit également  couler beaucoup d’encre sur sa grande violence.
Que dire, si ce n’est replacer l’œuvre dans le contexte de création artistique ? Chaque œuvre, je dis bien chaque œuvre sans aucune exception, devrait être considérée à l’aube de la notion de « suspension consentie de l’incrédulité. » Comment croyez-vous que les grecs anciens percevaient les tragédies classiques, selon vous ? Cela marche ainsi comme ça depuis la nuit des temps… Doom est pour moi l’équivalent d’un barbecue entre potes : c’est primitif et peu raffiné au regard de la haute cuisine, mais c’est avant tout le moyen de partager un bon moment avec des gens que vous appréciez, point final.

TheultimatedoomEn plus d’être un pionnier en terme de gaming, Doom se distinguait encore par sa BO, du jamais vu dans un jeu vidéo. Robert Prince, compositeur et « sound designer » chez Software, se vit chargé d’habiller le jeu en reflétant tout le rock populaire de l’époque. Une inspiration majeure : Black Sabbath. Pour des questions de droits évidentes, impossible d’utiliser les morceaux des artistes. Robert Prince réunit alors un panel de groupes particulièrement appréciés à l’époque et recomposa leurs morceaux phares sans jamais cacher son inspiration. De là, la très nette certitude des joueurs d’écouter des morceaux miroirs de Slayer, Metallica, Alice In Chains, AC/DC, Pantera, Megadeth, et bien évidemment Black Sabbath. Une ode au Thrash Metal, pas moins. Ajoutez à cela des graphismes très gigeresques et un cyberenfer, et vous comprendrez mieux que Doom reste pour la plupart des gamers leur train fantôme favori. Et hop, un aller simple au panthéon du folklore.

En 2008, Doom faisait part de velléités de relancer la franchise par le biais d’un Doom 4. Effet d’annonce assez courant dans le milieu. Ça ne mange pas de pain. Rien ne sert de s’enthousiasmer trop tôt. Il faut attendre 2014 pour qu’un trailer concrétise le projet. PincezmoijerêveSofwarerebooteDoom !!!!!!! Oui, les réactions n’ont pas été empreintes de tiédeur. Et une date de livraison en bonne et due forme : mai 2016. L’intention ? Toujours la même. Et pour la BO ? Mais pourquoi changer… Ainsi, H. Martin déclare dans un entretien à Game Informer :

Il y a beaucoup de Heavy Metal dans notre enfer, et c’était notre intention. Regardez le premier Doom : cela ressemble à ce qu’un ado de 15 ans griffonnerait sur son calepin en cours de maths. Nous voulions vraiment que ce soit la marque de fabrique de tout notre univers. Ainsi, il y a beaucoup de crânes ; c’est très exagéré. Également un peu de Château des Ombres ; cela fait très Musclor. 

Il n’est évidemment plus question de reprendre la musique du Doom originel, celle-ci étant très tributaire de son contexte de création. La composition est donc confiée à Mick « Meshuggah like sound » Gordon qui a d’ailleurs œuvré sur des gros titres de Software/Bethesda comme Wolfenstein. Au menu, Death & Doom Metal, plus une bonne portion de Dubstep. Les fans de la première heure sont un peu moroses, mais qu’ils ne s’inquiètent pas, la déclaration d’intention de Software restant la même : « badass demons, big effin’ guns and moving really fast. » L’enfer a du souci à se faire.

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