Desertfest Berlin Jour 1 – Des cactus à l’Est…

7 Truckfighters - IMG_5915Après plusieurs années de bons et loyaux services envers le Desertfest Londres, puis Anvers, il est temps de découvrir ce que nos voisins de l’Est ont à offrir. C’est ainsi que, trois pauvres lexies germaniques dans le sac, Heavy Report s’attaque à la capitale allemande ! (TEXTE : Floriane Fontaine // PHOTO : Desertfest Berlin)

Le pied à peine posé à Berlin Schoenefeld, d’intrigantes curry wursts (prononcer « saucisse ») dressent un chemin ferré jusqu’au très branché quartier de Friedrichshain. Aussi, au cœur du Berlin underground et résolumment « what the fuck », le Desertfest trouve refuge. Dans un lieu d’une propreté extraordinaire, une armée de gens plus sympathiques les uns que les autres s’activent à rendre l’Astra Kulturhaus cosmique et accueillante. Une petite cour reçoit des stoner heads des quatre coins de l’Europe (et même des Tanzaniens!) dans un joli melting pot linguistique et culinaire. Le fest, dans un élan de coolitude absolue, met à disposition des musiciens les plus téméraires, un générateur de nom de groupe bâti avec des roues de vélos. On y trouve les adjectifs très originaux tels que « witch », «  wizard », « purple », « cactus », « penis », « sun ». Un mur de personnages trône au fond de la cour, les visages découpés afin que le touriste-rockeur, un brin dévergondé, puisse s’y amuser… Le décor est si chaleureux qu’on en oublierai presque ce pour quoi on est venu !

1 high Fighter - IMG_5236L’apéro à peine lancé, High Fighter ouvre le bal. Sur la petite scène, Mona Miluski illumine le Deserfest de son charisme et de sa prestance. La frontwoman module sa voix selon les riffs de ses camarades, tantôt très agressifs, tantôt doux et sensuels, toujours pertinemment posés. Les titres défilent, puisant de façon équilibrée dans le premier EP du groupe, The Goat Ritual, mais aussi dans l’album à venir Scars and Crosses (10/06/2016, Svart Records). A mi chemin entre les projets de John Garcia et ceux de Conan, High Fighter se démarque par une maîtrise de la scène et un son ultra puissant. Le public semble beaucoup apprécier le combo allemand, affaire à suivre…

2 Baby in Vain - IMG_5265Berlin et sa programmation complètement décalée balaie la scène alternative avec son vieux râteau déglingos pour proposer des groupes comme Baby In Vain, qui tourne actuellement avec The Kills, rien que ça. C’est pour moi une découverte totale. Trois petites nénettes se tiennent là sur scène, dans un accoutrement que Kurt Cobain himself n’aurait pas renié, tirant sur les cordes avec un regard rebelle et insolent. Point de basse mais deux chanteuses guitaristes complémentaires vocalement, qui livrent un rock écorché et meurtri. On pense Runaways, Patti Smith ou encore la génération teenager Grunge. Les filles osent des « shut up » entre les titres, parce que bon fermez vos gueules un peu merde ! On meurt d’envie de sortir une bière chaude de notre sac Eastpark pour trinquer avec elle dans un entrepôt désaffecté. Par contre, il semblerait que l’absence de public autour de moi démonte quelque peu ma théorie…

Comble de l’originalité, Berlin embauche des dames pipi pour réguler le coin toilette. En bonne festivalières, les mandataires du « besoin » proposent des pass pipi à 2€, lesquels sont sanctionnés par de magnifiques cœurs sur la main, qu’il convient de ne pas trop essuyer, de peur de devoir repasser par la caisse. Ainsi de nombreuses amitiés se lient dans la pénombre du lavabo, où tout un chacun tente de se laver les paluches sans trop égratigner le précieux tatouage…

3 Spiritual Beggars - IMG_5335Une wurst plus tard, l’estomac plein de gras et la vessie moins lourde, je retrouve les Spiritual Beggars, super formation scandinave très attendue, sur la Main Stage. Les super groupes sont à mon égard des cibles faciles quant à la critique. Je m’y donne à coeur joie : whou le beau tribute de Deep Purple qui nous fait des solos à la Arch Enemy !!! Bon. Exagération volontaire mais assumée. Michael Amott et ses compagnons proposent un set bien carré, qui rassemble une grosse poignée de curieux. Attention il n’est que 20h, le Berlinois n’a que fi de l’alcool et se tient encore bien droit dans ses bottes. Prends en de la graine petit Français !

4 Mothership - IMG_5497Le vaisseau maternel se pose en terres germaniques alors que le soleil n’est pas encore couché et que quelques groupes, jusqu’ici inconnus, viennent se faire baptiser grâce à l’énergie motrice de trois simples roues de vélos… Aucun doute, le Desertfest bat son plein. Les Texans de Mothership emplissent la Foyer Stage de gras et de rock’n’roll. On nage dans le Heavy tout ce qu’il y a de plus classique, lourd et intrépide !

Mais c’est sans compter sur la puissance du son de Pelican, juste après sur la Main Stage. Une basse ultra pesante, inspirée des plus beaux démarrages de fusées, on reconnaît aisément Saturn ou Apollo, à leurs heures de gloire. Le placement devant l’ampli était peut-être un peu surestimé. Pelican séduit avec des titres comme The Creeper, issu de  Arktika, ou bien  Mammoth. L’ambiance Dark atmosphérique, dépouillée, qu’ils savent si bien créer enveloppe le public d’un épais brouillard sombre et froid. Le set entièrement instrumental est à la fois profond et réfléchi, on sentirait presque des relents de Gojira, au niveau de l’observation et de l’emprise.

6 Wo Fat - IMG_5754Avant de passer en vitesse devant les Truckfighters qui nous jouent Desert Cruiser en sautant comme des camés (piètre description certes, mais qui résume à la perfection ma déception quant au manque d’originalité de leurs sets), c’est un autre trio de Texans qu’il se doit d’applaudir. Je pense bien évidemment à Wo Fat, dont le chapeau du frontman n’a d’égal que son talent ! The Conjuring ou The Black Code suffisent à me donner satisfaction dans une salle aussi bondée que la gare de Montarnasse le premier jour des vacances scolaires. On se passe les bières comme on peut pour apprécier la lourdeur du trio associée à des notes bluesy. Je dois dire que jusqu’ici aucun set de Wo Fat ne m’aura déçue.

C’est enfin Mantar qui clôt la petite sauterie Desertique à grand coups de barbarie Heavyesque. Je les vois pour la première fois et je ne peux que constater la force et la jubilation du duo sur scène. Mantar invente un style à la croisée du Doom et du Punk, avec une imagerie Black très forte et un rythme agressif. Batterie et guitare, unies par une voix violente et acérée, provoquent l’énervement instantanément. Vivement leur prochain show à Paris !!

La journée est tout à fait concluante et ce premier jour à Berlin me ravi au plus haut point ! L’alliance parfaite du bon son et des copains, liés par la bière sacrée, c’est tout ce qu’on demande. Desertfest Berlin ich liebe dich, et à demain…

8 Mantar - IMG_6076

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s