Desertfest Berlin Jour 2 – Frénésie Berlinoise, acte II

En ce deuxième jour de festival, bien que l’envie de Rock’n’Roll soit toujours présente, la repousse des cheveux se fait méchamment sentir. Notre ami Doliprane est donc apprécié à sa juste valeur, tout comme la wrust bienfaitrice, synonyme de réconfort et d’énergie. Toujours aussi accueillant, le Desertfest apparaît en ce vendredi très ensoleillé, l’occasion idéale de s’asseoir en bonne compagnie pour décortiquer le pauvre programme tout froissé, sorti de son sac encore humide de la bière de la veille. Somali Yacht Club est déjà sur scène (il est tout de même 16h et quelques du matin), le son est  bien clair sur la petite scène et réjouit mes oreilles endormies. Un bon commencement de journée. (TEXTE : Floriane Fontaine // PHOTO : Desertfest Berlin)

Le spectacle commence véritablement avec l’arrivée de Monomyth sur la Main Stage. Ce groupe Hollandais, je pourrais en parler pendant des pages et des pages. Ils sont cinq sur scène, deux claviers (dont un qui se transforme en guitare à mi set), une guitare, une basse et une batterie. Bâti de manière complexe, Monomyth propose un son lui aussi un peu complexe mais qui le rend inépuisable d’originalité et d’inspiration. Monomyth a cette capacité à hypnotiser (et pas endormir !) son public. Mon expérience personnelle est celle-ci : une entrée fulgurante dans leur musique, comme happée par le son, à la fois réfléchis, mélancolique et ultra puissant. La musique de Gojira, dans un style tout autre, me fait le même effet. Une élévation spirituelle, profonde. Ils ont la particularité de créer une atmosphère de communion, de partage (mais pas comme à la messe hein), tout en faisant monter en intensité leurs morceaux. Imperturbables mais bien présents sur scène, les Monomyth nous entraînent dans leur méditation sonore ponctuée d’effets tantôt Electro, tantôt Heavy. Leur dernier album en date, EXO, traduit cette ambiance méditative : on s’abandonne complètement à leur musique.

4 Monomyth - IMG_6361The Loranes enchaîne dans un domaine différent. Le Rock’n’Roll old school déboule en grande pompe. Attention les orteils ça va castagner ! Le groupe Allemand (dont le bassiste n’est autre que l’ancien bassiste de Kadavar, Mammut) cherche à faire danser son public avec son rock 50s très bluesy (parce que n’oublions pas que toute la musique qu’on aime elle vient de là). Je meure d’envie de faire gigoter mes genoux tel Elvis sur scène, mais mes compatriotes germaniques encaissent bien les litrons d’Astra et ne sont pas (encore) d’humeur festive. Dommage… Ceci dit le Heavy-Garage de The Loranes me sort de ma torpeur et me met en condition pour la suite !

5 The Loranes - IMG_6549La suite c’est Coogans Bluff, oui comme le film de cowboys avec Clint Eastwood (sauf que ça s’écrit pas pareil). Encore une belle découverte signée Desertfest Berlin. En effet, la particularité de ce groupe Allemand, c’est qu’il y a des cuivres ! Alors non ce n’est pas du Ska, je dirais plutôt du rock prog grandement inspirée de Zawinul, Pastorius et sa bande. Le chanteur-guitariste affiche un accoutrement digne de Mick Jagger avant ses premières rides et fait groover son orchestre comme personne ! Un peu de saxo et de trombone rondement parsemés donnent une bouffée d’air frais à cette programmation décidément surprenante. Mon enthousiasme est partagé par mon entourage qui décline de larges sourires d’émerveillement et de plaisir.

6 Coogan's Bluff - IMG_6625Mondo Drag ramène le Desertfest sur le droit chemin du psychédélisme : le quintet chevelu jusqu’au coude impose rondeur et mélodie à un public prêt à tout. La fosse touche le bar, ce qui n’est pas pour lui déplaire. Le morceau Initiation qui ouvre l’album The Occultation Of Light (fraîchement sorti en février 2016) suivi de près par Out of Sight, me font grande impression. Surtout la fin du titre qui à chaque écoute me rappelle la boule gagnante du flipper, lorsque toutes les lumières s’allument sur une ritournelle enfantine et déglinguée. Et puis ces claviers farfelus et entêtants associés à une voix qui guide ses fidèles à travers des limbes cosmiques et invisibles ; on pense un peu facilement à Sunder ou Hawkwind, mais Mondo Drag propose une expérience très personnelle et prenante.

indexPasser à Elder juste après tant d’introspection est quelque peu difficile mais ô joie,  il y a une buvette !! Les très jeunes Américains ne m’ont pas encore déçue, leur set au Hellfest l’an passé avait été une véritable révélation, tout comme leur dernier opus en date, Lore.  Le concert de ce soir offre un son écrasant. Les cheveux de Nick ballaient violemment sa guitare au rythme de riffs parfaitement travaillés et précisément exécutés. Le bassiste assure avec énergie : son corps suit à la note près sa ligne de basse, très impressionnant. Le morceau Gemini force littéralement le respect. On se demande bien ce qu’il va nous arriver de mieux / pire avec le reste de la programmation dont les têtes d’affiche restent encore à venir…

ElderMonolord, autre « mono » qui dépote, coïncidence ? Je n’en suis pas certaine… Pour les avoir vu dans différentes salles, je peux vous assurer que la taille compte ! Et la Foyer Stage de Berlin est parfaite pour recevoir le son des Monolord. Le trio suédois nous présente quelques nouveautés mais il nous gratifie surtout de ces tubes planétaires comme l’immense Empress Rising qu’ils ne parviennent pas à terminer tant l’envie de continuer à jouer est grande. Le chanteur-guitariste Thomas V Jäger descend même un peu dans la fosse, tâter la température… Monolord a fait bien du chemin depuis la tournée avec Salem’s Pot, ils présentent ce soir un show huilé et rodé. Ils sont à l’aise et communiquent leur bonheur de jouer devant une horde de Doom-head affamés. Un sans faute pour nos amis du Nord.

9 Monolord - IMG_6897Le Wizard est ce soir lui aussi très en forme ! Peut-être s’est-il senti « en danger » avec une affiche comme celle que nous propose le Desertfest ? Quoi qu’il en soit Electric Wizard sonne juste devant ses 4X4 Marshall. Fidèle à son imagerie macabre Jus Osborne et ses acolytes jouaient devant un écran de femmes nues ou de représentations psychédéliques et sombres. Les classiques font du bien aux oreilles : Black Mass, Dopethrone ou encore Funeralopolis. Aucune déception face au Wizard !

C’est Death Alley qui clôt la soirée et quelle clôture ! Le Desertfest se lâche complètement : pogo dans la fosse, slams, jetés de bière sur le voisin qui en redemande, chanteur surexcité qui pensait visiblement trouver un public ahuri et fatigué, bref un enthousiasme débordant. Difficile pour moi de parler concrètement de ce concert tant j’ai dansé, sauté et volé dans les airs. Death Alley est définitivement un succès. A voir de toute urgence en live !

En conclusion, oui j’ai aimé tous les concerts que j’ai vu aujourd’hui. Desertfest Berlin, à demain !!

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