Desertfest Londres Day 3

IMG_1565Comme le temps passe vite ! Nous sommes déjà dimanche et au dernier jour de ce cinquième Desertfest Londres. Encore une journée riche en émotion et en son bien gras qui commence sur les chapeaux de roues dès le début d’après midi par deux shootings photos programmés avec le groupe Monolord d’abord et les californiens de Mondo Drag dans la foulée. Autant vous dire que je suis un peu nerveuse d’avance, vu que, déjà je ne suis pas franchement habituée à l’expérience de la photo « hors scène », et qu’en plus ce sont deux groupes que j’adore musicalement. Mais je leur fais part de mon léger stress avec humour et ma foi tout se passe bien, et vite (TEXTE & PHOTO : Valérie Girodon)

Par contre, mon programme personnel de concerts s’en trouve un brin ébranlé.  Je ne passerais pas par la case Underworld comme prévu pour aller voir Witchsorrow vu que leur set touche à sa fin. A la place je me dirige vers le Koko, où se passera la majeure partie de ma journée. Pour la deuxième année consécutive, cette salle mythique, à l’architecture rococo magnifique et à l’acoustique excellente s’est rajoutée aux autres lieux, non moins mythiques d’ailleurs, utilisés pour le Desertfest. L’année dernière la programmation y était exceptionnelle, avec notamment, Sleep, Ufomammut, My Sleeping Karma, pour ne citer qu’eux. Cette année encore l’équipe Desertscene nous a prévu du lourd et du bien gras, axé essentiellement sur le gros Doom qui tâche, avec Monolord en ouverture, suivi de Elder, Trouble et pour finir Electric Wizard.

monolord 1Monolord au Koko, sonne un peu comme la consécration pour les Suédois qui en moins de trois ans, deux albums et un enchaînement de tournées impressionnant s’est propulsé dans le peloton de tête des groupes affectionnés par les fans de Doom. Leur passage à Paris l’an dernier aux Stoned Gatherings restera d’ailleurs pour ma part une de mes meilleures expériences live, tout comme leur prestation au dernier Desertfest Anvers. Autant dire que je suis impatiente de me reprendre une claque. Dès l’ouverture des portes, je file naturellement m’installer à la barrière, avec la ferme intention d’ailleurs de ne pas en décoller de la journée.  Le public est nombreux et visiblement impatient lui aussi et c’est une grosse ovation à leur entrée sur scène. D’entrée de jeu le son est énorme et jouissif , le set est carré, puissant et fait la part belle aux morceaux issus de leur dernier album Vaenir. Nous aurons le droit à un nouveau morceau qui promet, et bien sur le point d’orgue (ou d’orgasme, c’est selon) est atteint avec en clôture de set leur désormais incontournable et fabuleux « Empress Rising » qui déchaine forcément le public et moi avec.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Vient ensuite Elder, dont l’aspect «juvénile » de ses membres, notamment du blondinet et talentueux guitariste, m’étonnera toujours. Après une première moitié de set plutôt planante, aux longues envolées de guitare et axée sur le dernier album, eux aussi nous gratifient d’un nouveau morceau, qu’ils dédicacent en l’honneur de l’anniversaire du festival et enchaînent  avec la deuxième partie de set axée sur l’album de leur consécration Dead Roots Stiring. Sur scène, l’ambiance monte d’un cran, dans la salle également. Ça commence à bouger beaucoup, et à slamer. Et l’enchaînement Gemini et The End pour finir est une apothéose magistrale.  Les 45 minutes de pause avant la suite ne seront pas de trop pour m’en remettre.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Pour le changement de plateau, un écran blanc « pudique » descend devant la scène. Ok… Il ne se lèvera qu’après l’annonce quelque peu grandiloquente au micro de l’entrée sur scène de Trouble, présentés comme piliers du Heavy Doom traditionnel américain. Ça sent l’événement mythique tout ça… Et pour moi c’en est un en effet. Déjà, je ne les ai jamais vu sur scène et pendant bien longtemps j’ai pensé que je n’en aurais jamais l’occasion. Ensuite,  je me revois, en 1985 , du haut de mes 20 ans tomber sur les 2 premiers albums du groupe, Psalm 69 et The Skull, prendre une claque monstrueuse et passer pour une extra terrestre auprès des « hardos » de l’époque quand on me demandait ce que j’écoutais et que je répondais Trouble, Saint Vitus ou encore Candlemass…  Combien était-on en France à l’époque à connaître et apprécier ces groupes ? Alors bien sur , le line up a quelque peu changé, mais quand même, quelle émotion que ce concert !  Trouble m’a troublé (je sais elle est facile celle là). Mais ce n’est pas un vain mot quand, à l’entame du morceau The Skull, en milieu de set, mes poils se dressent  sur mes bras et que je me surprends à sentir des larmes couler de mes yeux. Sur scène le show à l’américaine est puissant, carré et le public cependant moins nombreux et d’une moyenne d’âge plus élevée dans les premiers rangs  est ravi. Une reprise de Black Sabbath, « Supernaut » fort sympathique , Une heure de set passée à toute allure et c’est déjà fini. Fini aussi pour moi le campement à la barrière du Koko.

La suite de ma soirée se passera ailleurs, je ne veux pas rester pour Electric Wizard. Ce n’est pas vraiment du boycott, même si ça y ressemble quand même un peu . Disons que je les ai déjà vu sur scène plusieurs fois et que la dernière au Hellfest 2014 m’a laissé un gout amer de déception, donc quand, à la même heure jouent les californiens de Mondo Drag, que je n’ai jamais vu sur scène, forcément,  la balance penche méchamment en faveur de ces derniers. J’ai une heure devant moi, j’hésite à faire une descente à l’Underworld pour le set de Mothership, mais j’ai besoin de reprendre un peu de forces et me restaurer et qu’accessoirement je tombe sur des potes en passant par le Black Heart. Ma restauration sera donc au final liquide et pas solide.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

De toute façon, Mondo Drag jouant au Black Heart, autant attendre tranquille sur place. Ce sera le seul concert de cette édition que je ferais dans la petite salle surchauffée du pub cette année. Je monte dans la salle pendant les balances histoire de me placer directement devant afin de pouvoir faire quelques photos pendant le set, même si par expérience je sais que les éclairages et l’espace réduit du lieu ne m’ont jamais été vraiment favorable niveau clichés. Sur scène aussi l’espace est exigu et les cinq musiciens font du Tetris pour installer leurs 2 claviers et le reste de leur matos. Le concert sera clairement statique, pas le choix. D’entrée de jeu il commencent le set par une reprise de Pink Floyd première mouture , histoire de planter le décor de leurs influences et de l’univers dans lequel ils naviguent : clairement psyché prog seventies.  Et c’est parti pour une heure de mélodies jouissives  avec ce son de clavier si old school et cette voix cristalline qui vous transporte loin !  Le public est en transe et danse, sourire béat aux lèvres notamment lors du dernier morceau Shifting Sands, issu de leur album éponyme, le premier signé chez Riding Easy Records et une des meilleures sorties de l’année 2014 pour moi soit dit en passant.

Mondo Drag 1Immédiatement après le set de Mondo Drag, je fonce vers l’Underworld pour assister au dernier concert de ma journée et accessoirement de mon cinquième Desertfest, Wo Fat. Hors de question que je fasse l’impasse sur les Texans, et leurs longues jams psyché Doom.  Le concert a déjà commencé, je le savais d’avance, comme je savais que du coup j’allais rater mon morceau préféré « The Black Code » qu’ils jouent traditionnellement en début de set, mais qu’à cela ne tienne. Beaucoup de monde à l’Underworld, et j’y retrouve la plupart de mes amis . Normal. Comme me dit mon pote le cochon mort, les vrais sont là, et pas devant Electric Wizard. Les vrais savent ! Et ça jamme méchant sur scène, ça groove à mort.  Je ne me faufile pas au premier rang, comme à mon habitude, mais je reste à profiter du son, en haut de la fosse, un œil sur la scène, et je reprends, un peu malgré moi, ma restauration liquide. Mes potes ont les dents du fond qui baignent et arrêtent pas de me refiler les bières qu’on leur paye. Faut pas gâcher, alors j’accepte hein ! Mon bon cœur et mon foie me perdront…  Et ma mauvaise foi aussi sur ce coup là. Après le concert, une partie du public va assister à la fin du concert de Godflesh  à l’Electric Ballroom, mais j’ai l’impression que la plupart reste au bar de l’Underworld profiter des derniers moments ensemble. Et j’en fais partie.  Je passe au merch’ serrer la main de Kent, le leader de Wo Fat, son éternel Stetson vissé sur la tête et ensemble nous nous remémorons en riant  la dernière fois que nous nous étions vu, l’été dernier lors du plus improbable de leurs concerts  dans un camping perdu au fin fond de la Creuse.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le temps de boire encore une bière avec les amis, que je fais traîner en longueur tellement je n’ai pas envie que ce Desertfest se termine, et l’âme en peine, je rentre à l’auberge. Dommage que mon avion décolle tôt … mais c’est le jeu ! Ce cinquième Desertfest aura été encore une fois fabuleux. une programmation variée et au top,  avec  notamment pas mal de groupes que je n’avais encore jamais vu sur scène et d’autres que j’ai pris vraiment plaisir à revoir. Je fus de toutes les éditions, j’espère en faire encore un bon paquet avant que mes pieds ne puissent plus me porter.  Merci Jake, merci Reece, merci Desertscene de nous faire vibrer depuis cinq ans, et longue vie au Desertfest !

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s