HELLFEST 2016 – Les 10 moments marquants de la journée de vendredi

Si le Hellfest n’est plus à présenter depuis longtemps, inutile de s’attarder sur les énièmes commentaires concernant sa taille ou l’intrusion chaque année croissante des « non-métaleux », curieux et dépensiers; car force est de constater que ce sont eux aussi qui contribuent à ramener Black Sabbath ou Ghost… Le but ici est donc simple et clair, voici les dix éléments qui font de cette journée festivalière un vrai succès. (PHOTOS François Medaerts & Sandrine Correia // TEXTE Floriane Fontaine)

1. Le site et la déco

Comme beaucoup, la soirée de la veille au Metal Corner laisse des séquelles énormes et plonge une partie des festivaliers dans un état de souffrance intense que seule la bière peut soulager. Non content d’une petite sieste au soleil sur une pierre tombale, il faut savoir apprécier tout particulièrement le décor du site et ses multiples facettes alliant confort et esthétisme. La moquette verte fluo ne sied guère aux yeux habitués au noir, mais les headbangers se passent ainsi des tempêtes de sable enlevées par les nombreux circles pits lors des concerts. Et cette tyrolienne !! Comble de l’attraction, la cordelette survolant les Mainstages fait le bonheur des buveurs de Red Bull. Il faut enfin reconnaître le fabuleux aménagement de la Warzone, qui devient une véritable partie attenante au site, avec ses propres stands. Encerclée de miradors et de barbelés, on entendrait presque siffler le train au loin…

Si la déco fait désormais partie intégrante du Hellfest et de son attrait, le divertissement se trouve aussi parmi la foule, de plus en plus diversifiée. A ses débuts, le Hellfest pointait malgré lui les festivaliers ne respectant pas le code couleur. En effet, se montrer tout de jaune vêtu dans un foule monochrome noire était perçu non pas comme une faute de goût mais pire, comme un affront. Aujourd’hui le public du Hellfest voit fleurir des poussins, des bananes, des plots, des arbres, et même des Power Rangers. Point positif ? Point négatif ? Libre à chacun de juger.

Hellfest 2016 - Ambiance-61

2. Le set de Monolord

Il est 10h30. Le Hellfest se réveille, souffre. Or de question de manquer le trio suédois dont le son de basse dépasse les frontières. Monolord au petit-déjeuner c’est comme une Guiness au réveil, ça fortifie en douceur ! Le matin au Hellfest c’est comme se promener de bonne heure au marché. Il y a plein de choses intéressantes à trouver et on se sent fier d’avoir eu le courage de se lever. C’est donc gonflé par la faim de découverte qu’on s’élance à travers la prairie ! Mika Hakki est prêt à faire trembler la Valley devant son mur Orange. Pas de gueule de bois qui ne tienne, Monolord secoue chacun des organes encore présents et les presse lentement pendant la demie heure qui lui est accordée. Beaucoup trop court !! Un « Empress Rising » qui dure moins de 10 minutes en live relève du scandale.  Cependant les Suédois, extrêmement heureux de fouler la mythique Valley, donnent tout ce qu’ils ont, et notamment un joli nouveau morceau qu’ils aiment à présenter au cours leur tournée «  Lord of Suffering ». Enfin, le troisième morceau, « Cursing the One » se savoure jusqu’à la dernière note, sombre et traînante.

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3. Le lancé de chaussures de Stoned Jesus

Encore un trio, venu d’Ukraine cette fois. Les Stoned Jesus font partie des éléments marquants de cette journée car ils ont la particularité de proposer des shows très animés, un peu à la Queen Of The Stone Age. Un brin trop pop-rock pour certains, il faut leur accorder un belle maîtrise de l’art de communiquer avec leur public. Ils font chanter leur auditoire, leur posent des questions, leur balancent des blagues, partagent leur expérience, tant comme groupe que comme spectateur, et enfin jettent tout un tas d’objets (chaussures, t-shirt) dans la foule avec flegme et nonchalance. Absolument remarquable ! Outre leurs qualités circassiennes on aime leurs tubes : Electric Mistress, YFS, Here Come the Robots, I’m the Mountain.

Stoned Jesus

4. Le look « maquillé-démaquillé » de Moonreich

Au Hellfest, tous les styles de metal cohabitent. Il est une tradition qui veut que peu importe son orientation musicale, on traîne sous la Temple ou l’Altar, voir le Mal de plus près… C’est donc entre deux concerts sous la Valley que Heavy Report se recueille sous la Temple, antre du Black Metal, pour écouter Moonreich. Si le tempo ultra rapide choquera tout Doomeux qui se respecte, cette bouffée d’air noir ravie les esgourdes les plus averties. Rutilant sous trois majestueuses croix rouges inversées, le quatuor parisien impose une lourde chape sonore à son auditoire qui se délecte avec appétit. Il est 11h du matin et déjà la double pédale résonne dans nos cheveux. Merci pour ça.

5. « Antisocial » de Anthrax

La sieste passée et les forces recouvrées, c’est au tour d’Anthrax de faire ses preuves sur la Mainstage. Le légendaire quintet américain sort la setlist des grands jours et le public du Hellfest, friand de Heavy à la voix qui dérape, l’apprécie à sa juste de valeur. Leur morceau « Antisocial », reprise de l’éminent titre des Trust, fait en ce vendredi pertinemment écho avec l’actualité politique perturbée de notre cher hexagone. C’est avec détermination et conviction que la prairie clissonnaise entonne AN-TI-SO-CIAL à tue tête. Un grand moment de Heavy Metaaaaal !

6 Le pit de Turbonegro

Turbonegro ce n’est pas juste un groupe, c’est un spectacle ! Le divertissement est sur scène, avec des costumes dignes du meilleurs des défilés Jean-Paul Gaultier saison « défonce », mais aussi dans le public… Les fans de Turbonegro, rassemblés à travers le monde sous les fraternités du nom de Turbojugend, arborent aussi des vestes à patchs cousues main avec une extrême dextérité (du moins c’est l’impression qu’on a lorsque que ces dernières nous foncent dessus à toute vitesse) que des bérets de marins. Mais reprenons, cet orchestre de marins norvégiens possède ce don inouï pour secouer toute une prairie en quelques instants. Il n’est pas de « allez je vais mater Turbonegro en bouffant un truc assis par terre » qui ne tienne. C’est automatiquement « déhanchement de bassin » et « pousse ton voisin encore un peu plus fort ». La vraie récréation du Hellfest !

7. La voix du chanteur d’Inquisition

Cette année on a décidé de passer d’un genre à un autre sans aucun scrupule. C’est donc le cœur léger qu’on savoure le set d’Inquisition. Les Colombiens installés aux US usent le terme le plus violent que leur continent connaît pour nommer leur impétuosité sonore, sombre et endurante. Ce qui les caractérise en premier lieu, c’est la voix de Dagon le leader du groupe qui instaure cette couleur froide et métallique. Tel un robot enraillé le chanteur mène Inquisition vers d’hostiles contrées. Leur musique agit comme de la magie noire, on se sent hypnotisé, manipulé. Aucun répit n’est accordé au spectateur qui n’a d’autre choix que de vivre ce moment totalement. On se laisse guider avec stupeur et tremblement…

8. Buzz qui tourne en rond avec sa guitare

Les Melvins sont sur scène, que personne ne bouge. Quelques accords retentissent, Buzz se met à tourner, tourner, tourner. Sa crinière ananas se dandine tandis que les bizarreries sonores n’en finissent plus. Vingt minutes et un rire gras et saturé à la Buzz Osborne plus tard, le concert commence enfin. Après un tel spectacle autant vous dire que les discussions vont bon train « tu crois que c’est fait exprès ? », « il était peut-être en train d’accorder sa guitare », « nan mais c’est Melvins c’est un peu abstrait tu vois ». Le mystère reste intacte. Il n’en est pas moins que voir les Melvins en live c’est quelque chose ! Après un modeste Hymne Américain, les trois compères gratifient le Hellfest d’un show décalé, à leur image, mêlant des morceaux de toutes les époques de leur carrière. On valide.

Hellfest 2016 - The Melvins-11

9.  Dropkick Murphys qui fait headbanguer le Hellfest avec des cornemuses

La bande de Boston fête cette année ses vingt ans. Comme à leur habitude, c’est The Foggy Dew, tradition Irlandais interprété par Sinnead O’Connor qui ouvre le bal. Le calme avant la tempête… Un set des Dropkick Murphys c’est un véritable festival punko-celtique où les plus réticents ne peuvent résister à l’appel de la cornemuse. Les classiques du groupe s’égrainent : Johnny I Hardly Knew Ya, Rose Tattoo, The State of Massachusetts, Going Out in Style et enfin le mythique I’m Shipping Up to Boston qui clos la sauterie avec talent. Le Hellfest frétille comme un gamin, tape du pied, empoigne sa air-flûte et agrippe le bras de son voisin. Mémorable.

10. Kvelertak et son hibou

Il est des groupes dont on ne se lassera jamais. Encore moins lorsqu’ils passent sur la magnifique Warzone à une heure tardive. Les adeptes ne sont pas au rendez-vous et ils ont torts. En revanche le public réuni dans la fosse n’est pas venu pour beurrer des sandwichs et le groupe compte bien l’honorer.  Mode rock’n’roll activé : bourrage de gueule et champ de bataille, attention Kvelertak est dans la place ! Ça slam dans tous les sens, on se sait plus à qui sont les cheveux qui volent et on s’en fout royalement. Chacun exorcise stress et fatigue à grand coups de coude dans le voisin et sous les tonnerres ahurissants d’une horde de guitaristes scandinaves alertes. Aaaaah, on est bien.

See you tomorrow headbangers !!!

Plus d’images : Jambinai, Behexen, Earth, Ramesses, The Shrine, Le Bal Des Enragés, Wo Fat…

 

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