HELLFEST 2016 – Des lendemains qui bourdonnent

IMG_2728Dernier jour en Enfer, déjà… Le samedi résonne encore dans les têtes et le réveil très (trop) difficile  nous fait manquer les Stonebirds. La honte nous empare, on répare l’irréparable autour d’une bonne bière bien fraîche ! C’était bien évidemment l’incontournable de la matinée, sous la Valley, of course (pardonnez-nous!!).  Aujourd’hui le programme va de King Dude à Black Sabbath en passant par Gojira et Slayer. Éclectique vous avez dit ? Bienvenue dans l’au-delà ! (PHOTOS François Medaerts & Sandrine Correia // TEXTE Floriane Fontaine)

C’est donc avec un plaisir narquois qu’on s’approche de la scène où King Dude lance ses premiers accords. Douceur de Hellfest, mijotée tendrement sous la Valley… Le prince de la Dark Folk propose un set d’une noirceur à faire pâlir les ténèbres. Sa voix grave s’inspire de feu les gothiques-country qui trouvent refuge sous les patronymes de  Johnny Cash ou de Nick Cave. Le rock n’a jamais eu besoin de double pédale pour montrer sa fougue, ni de croix retournée pour se laisser aller à la mélancolie. Kind Dude fier héritier de la tradition folk, fait renaître tout un genre, de la même façon que des Chelsea Wolfe ou des PJ Harvey. On s’accapare ses accords, on capte son regard bleu acier et on s’impressionne de sa chemise boutonnée jusqu’au menton. On regrette quelques classiques mais on se régale de tout le reste. Merci Hellfest, d’avoir osé faire jouer King Dude en ce dimanche.

IMG_2786Ouch c’est parti pour un set historico-violent, mené par un Chris Spencer des grands jours ! Unsane ravit tout un éventail générationnel avec son rock-noise extrême. Ambiance années 80-90, quand « bordel » était un nom propre et que porter des casquettes à l’envers était synonyme de haute rébellion. On aime le côté fuck off, la violence des morceaux qui n’est autre que l’expression d’une colère contrôlée, et la brutalité du chant qui ne fait que mettre en exergue toute la maîtrise d’un style. Le trio nous la joue minimaliste, avec très peu de communication, mais qu’importe. La Valley exulte.

IMG_2839Gojira, petits chouchoux du Death français sont très attendus ce soir. Après un dernier passage majestueux sur l’exacte même scène quelques années auparavant, le public se montre très exigent lors des discutions « remplissage-de-pichet-devant-la-buvette ». Ah oui c’est qu’on se souvient d’un wall of death de haut vol devant la Main Stage… Cette année, Gojira présente Magma, un opus prouvant la qualité de groupe et sa capacité à ne pas tomber dans le gnian-gnian. On est perchés sur la pissotière face à la scène et on apprécie aussi bien le groupe que les entre-jambes, vessies alertes, de tout un chacun. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, n’est-ce pas ? Joseph nous fait un « big up Mario » pour son anniv’, avant de lancer un Backbone qui provoque un rat de marée dans la pissotière. Bon on ne va pas se le cacher, des shows de Gojira on en a vu d’autres, et des biens meilleurs, mais rien n’enlèvera au set de ce soir cette ambiance si particulière, sombre et envoûtante, qui se pose sur des compos très pensées, métaphoriques, spatiales. On referme sa braguette sur L’enfant Sauvage, issu de l’album du même nom, et Silvera ou Stranded extrait de Magma. Une satisfaction nuancée, donc.

C’est toujours un immense plaisir de retrouver le trio franco-allemand de Kadavar sur scène. Un bon concert de rock vintage avec un batteur en body léopard, franchement, ça vous fait pas rêver ? Ce n’est pas la Valley pleine à craquer qui dira le contraire ! Et c’est parti pour le festival des tubes : Lord of the Sky, Last Living Dinosaur, Thousand Miles Away From Home, etc. On nage au beau milieu de cette mouvance revival, si appréciée ces derniers temps. Un groupe dans le vent quoi !  Allez, laissons-nous porter.

IMG_3028-2Finies les conneries, Kerry King il est pas là pour beurrer des sandwichs chez les hippies.  Les maîtres du Thrash et éminents piliers du Big Four sont là les amis !  Accueillons-les comme ils se doit. Toujours sur notre pissotière (qui fait des vagues dignes de Biarritz à la belle saison entre deux pentatoniques), on se régale des inaltérables South Of Heaven, Raining Blood et Angel of Death. A l’instar de Céline Dion ou de Beyoncé, nos amis chevelus aiment faire plaisir à leur public en jouant encore et toujours leurs indémodables. Il y a de houle dans la pissotière ! La prairie trouve le groove macabre à son goût. Guinche sombre et bonne humeur se côtoient avec élégance. Mais quel plaisir de gigoter violemment, d’engraisser ses cheveux et de renverser de la bière sur le pipi d’autrui devant Slayer !

IMG_3066-2Par je ne sais quel hasard, nous voilà à attendre le concert de Jane’s Addiction, au beau milieu d’une foule entassée depuis plusieurs heures, qui conte avoir été témoin d’allers-retours mystérieux d’un tractopelle. Il faudra peu de temps pour comprendre l’énormité de la machinerie déployée par le groupe : mur lumineux avec barres de danses installées pour de superbes créatures peu vêtues, et accessoires westerns pour ces messieurs, avec fauteuil vintage, bouteille de rouge et canotier vissé sur le crâne du frontman. On sent la présence d’une génération qui a révisé son répertoire. Ils connaissent si bien les paroles qu’on a presque envie de les titiller en chantant n’importe quoi à tue tête ; M’enfin, un peu de respect que diable ! La découverte live est totale. On aime ou aime pas, force est de constater la présence scénique. Le guitariste Dave Navarro occupe fermement son public féminin tandis que des danseuses flottantes attirent l’attention du reste de la Valley. Cependant, ne nous arrêtons pas à ces détails superficiels. Jane’s Addiction est en pleine représentation : Mountain Song, Ted, Just Admit It, Jane Says. Ils jouent une pièce au fur et à mesure qu’ils l’inventent. Magistral.

Hellfest 2016 - Ghost-2Ghost. On les voit pour la énième fois, suivant les conseils des amis qui s’obstinent à croire qu’on finira par les apprécier. Ce n’est pas dans notre intérêt de faire des chroniques négatives, que l’on juge inutiles et abaissantes, alors nous allons nous contenter de dire ce qu’on a aimé, en tant que spectateur « de l’autre côté ». Ghost c’est tout d’abord une impressionnante toile de fond. Le décor est titanesque. Le groupe fait tout de même monter sur scène une chorale d’enfants ainsi qu’une armée de nones maquillées comme des carrées d’as. Il faudrait être difficile pour de pas noter l’effort. Et puis Ghost c’est la fusion parfaite d’un groupe avec son public. C’est une mise en scène impeccable et un filage rodé à l’extrême. Qu’on soit profondément touché par leurs notes ou non, Ghost fait passer un bon moment à ses spectateurs. Voilà.

IMG_3199Il s’agit là très certainement d’un des derniers shows des précurseurs du Heavy Metal, Black Sabbath bouclant sa tournée d’adieu. Les maîtres assènent tous leurs classiques avec un entrain d’une platitude consternante. Ils savent très bien que leur seule présence suffit à ravir les fidèles. Il faut reconnaître que les solos de Tomi Iomi sont réconfortant mais les « I can’t hear you » de papy Ozzy font tout de même mal au cœur… « God bless you » lance t-il dans une tentative désespérée de faire vivre son show. A la sortie du concert, un tourneur Stoner célèbre (qui aime les cochons) me glisse dans l’oreille « nous on n’aura jamais vraiment vu Black Sabbat, il aurait fallu les voir à une autre époque ». Tout est dit.

La journée, forte en émotion, se termine sous la lune Clissonnaise, à se remémorer 3 jours de rock’n’roll, sales, lourds et tarés. On regrette chaque année la foule, mais l’affiche reste un pilier de la programmation Heavy Metal française. N’oublions pas les bénévoles qui contribuent chaque année à nous faire un beau fest, avec des jolies toilettes sèches pour vomir dans l’eau de lavande, et des beaux parkings sur lesquels on peut aisément disséminer des petits bouts de saucisson pour si on est trop soul et qu’on a du mal à rentrer à son camion..

Merci Hellfest !!

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