FRANK SABBATH Telluric Wanderers

frank-sabbath-cover-artworkAuteurs d’un 12 titres éponyme paru en 2015, les parisiens de Frank Sabbath reviennent cette année avec Telluric Wanderers, dont la galette est sortie en juin dernier. Autant dire qu’avant même d’écouter la moindre note on a déjà une idée du chemin sur lequel on s’aventure, premièrement par un nom de groupe qui croise la moustache la plus psychédélique de l’Histoire avec les pionniers du heavy chéiroptérophage. Une impression renforcée par un titre d’album qui nous promet quelques pérégrinations dans un monde ésotérique, ce qui n’est vraiment pas pour déplaire à votre serviteur. (TEXTE Jérémy Kervran)

Si le dit album n’est composé que de six titres, il s’agit de ne pas s’attarder sur le nombre de morceaux mais bien sur leur longueur. Car avec Ascencion – Subterranean, Frank Sabbath nous embarque directement pour plus de 18 minutes de riffs lourds, d’abord plaqués nerveusement dès le début du titre, puis tirant rapidement sur un doom qui vous enveloppe les esgourdes pour ne plus les relâcher. Une entrée en matière sans fioritures qui séduit !

L’arrivée de Jude Mas au chant est cohérente avec l’ambiance installée par les premières minutes instrumentales, même si on peut regretter que celle-ci soit un poil en deçà du volume des instruments. Sans critiquer la qualité du mixage de Léo Minart, on aurait aimé que les qualités de Jude soient un peu plus mises en valeur car le bonhomme sait clairement ce qu’il fait et délivre une prestation en total accord avec l’univers du groupe.

Passé ce petit bémol (qui n’en sera peut-être pas un selon vos oreilles), le reste de l’album se découvre entre de solides bases saturées et des passages plus psychédéliques. Ces derniers sont particulièrement présents dans Terra Incognita et Interlude n° 10, où les notes bien barrées de la guitare nous proposent une alternative quasi-expérimentale qui empêche l’album de tomber dans la facilité d’une succession de riffs gras trop connue des amateurs du genre. On oscille alors entre finesse et efficacité d’un morceau à l’autre, sans que l’ensemble devienne incohérent. Une belle maîtrise de la part du trio de ce côté là.

Jude, Guillaume et Baptiste terminent d’ailleurs leur épopée tellurique avec un Doomedilalune -Noisnecsa qui rappelle la conclusion quasi-parfaite qu’attendait votre professeur d’histoire-géo en terminale: une ouverture sur six cordes aux accents presques médiévaux qui diverge doucement vers un ensemble plus aérien pour enfin revenir sur d’implacables rythmes teintés de doom et boostés d’une énergie fiévreuse sur les toutes dernières minutes du morceau. Clôturer un album peut parfois s’avérer être un exercice brouillon, ici Frank Sabbath évite le piège et nous ramène dans le monde réel avec le sentiment d’un voyage sans regrets.

Mention spéciale enfin pour la pochette de l’album dont le style résolument médiéval colle parfaitement à l’imagerie 70’s voulue par les trois compères, l’objet complétant ainsi la musique.

FRANK SABBATH – Telluric Wanderers – Argonauta Records (13.06.2016)

  1. Ascencion – Subterranean
  2. Terra Incognita
  3. Inned Doom – Outer Doom – Ducks on Drugs
  4. Interlude n° 10
  5. Flying Peacock
  6. Doumedilalune – Noisnecsa

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