THE WORKHORSE III Closer To Relevance

a1959739559_10Aux profanes désireux de montrer leur virilité lors des inévitables embrasements de violences alcoolisées, on ne saurait trop conseiller de mettre les voiles avant de donner la nausée au plus blasé des chirurgiens esthétiques. Pour tous ceux qui se fait font péter le nez au moins quatre fois et qui se disent que ça ne fait de mal à personne de s’amuser un peu, nous vous avons trouvé une joyeuse BO approuvée par Pascal Brutal. (TEXTE Julien Girault)

Entendons-nous, il y a bar et bar. Pour des raisons de commodités parfaitement arbitraires, nous ne considérerons que les établissements sérieux on l’on vient pour se bourrer la gueule boire en faisant abstraction du standing et de la conversation. Ces dives soirées passent en général par trois phrases pour l’observateur attentif. La première phase est bien peu remarquable en soi, différant peu de toutes les Happy Hours existantes sur Terre. On y picole certes ferme, les fûts tombent les uns après les autres, mais les conversations restent bonne enfant ; n’étaient quelques flatulences bièreuses, rien à déplorer. Après trois heures de mise en perce des fûts, la seconde phase tombe gentiment sur le consommateur comme si l’on tamisait un tableau impressionniste. La béatitude s’empare du bar et l’on vient à confier des pensées profondes à son meilleur pote du tabouret voisin, pourtant encore un inconnu une heure avant. Histoire de maintenir le tirant d’eau, les consos s’enchaînent plus rapidement encore, et on s’autorise deux trois shots de bistouille pour se raffermir le palais avec l’assemblée présente qui, de verre en verre, s’affirme comme la meilleure troupe de vrais bons bougres qui puisse exister. Puis, sans qu’on sache vraiment pourquoi ni comment, la phase trois tombe sournoisement sur le conclave à l’instar d’une explosion de chiottes bouchées. C’est alors que le vrai bon bougre du tabouret voisin prend l’allure d’un sacré gros fils de pute, et qu’on ressent la nécessité impérieuse de lui casser son verre sur le crâne.

Phase 3. Ceux qui savent opineront sentencieusement du chef. On peut allumer la sono et refermer la grille de la cage qui la protège, c’est l’heure de diffuser Closer To Relevance de The Workhorse III. Pourtant, ce n’est pas que l’alcoolémie soit beaucoup plus haute qu’une demi heure auparavant, mais quelque chose vient d’arriver, faisant que tous ces braves types se muent en bourrés d’une méchanceté très médiévale. Inutile d’en appeler à la raison de chacun, l’heure n’est plus aux considérations humanistes. Ce n’est plus qu’une affaire de recettes éprouvées voulant qu’on ne croise jamais les pieds derrière son tabouret, qu’une canette pleine est un prodigieux instrument contondant et qu’une canette cassée un substitut tout à fait efficace de rasoir, qu’un queue de billard n’est jamais aussi efficace que quand elle est utilisée comme baïonnette, que le bol des bretzels ne vaut pas tripette pour effectuer un tir de barrage, qu’on vise toujours les couilles et qu’un coup de boule n’a pour terrain d’atterrissage que la racine du nez, que la terre est basse et le sol est dur quand on se ramasse par terre, et qu’on peut bien sortir dehors pour continuer à régler tout ça, poussé par le double canon scié et le malinois fumasse du patron qui en a « plein le cul de toutes ces conneries », ah l’air frais ça fait du bien, même si les nappes de lacrymo des pandores arrivés pronto piquent des yeux déjà bien rougis, et que les gravillons écorchent le visage de celui qui se fait passer les menottes, putain, pas la peine de serrer aussi fort, je ne me débats plus.

Seul au bar, il reste toujours un type posé terminant son verre, tandis que la musique menace de dégonder la grille de la cage pour en découdre avec le chien écumant, car il est des hommes qui étudient et jouissent des rixes de bar avec le même intérêt qui amène des hommes cultivés à la corrida, des sociologues aux combats de coqs et tous les bons clients aux premiers rangs du Colisée.

(En hommage à T. Egolf et au Seigneur des porcheries)

THE WORKHORSE III – Closer To Relevance – Self Released – (09.12.2016)

  1. War Torn City
  2. Soul Crusher
  3. Wasted
  4. Holy Roller
  5. Nothin’ From Me
  6. What’s The Point
  7. Want You
  8. Find My Mind
  9. Life Of Crime
  10. When I’m Gone
  11. Closer To Relevance
  12. I Can’t Forget

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